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ÉDITORIAL / Une économie en décélération et des déficits beaucoup plus élevés... (Bloomberg)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Une économie en décélération et des déficits beaucoup plus élevés que prévu : la mise à jour économique présentée lundi par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, brosse un portrait très sombre et permet de penser que le gouvernement libéral aura du mal à tenir tous ses engagements électoraux.

En procédant ainsi à un mois du budget du 22 mars, M. Morneau prépare les Canadiens à de mauvaises nouvelles, dont l'abandon de l'objectif du déficit zéro d'ici 2019-2020 et une reprise économique qui sera plus longue que prévu.

L'économie canadienne, comme celle de nombreux pays occidentaux, est plombée par le ralentissement économique mondial et par l'effondrement des prix du pétrole.

Ainsi, le déficit du gouvernement fédéral s'établit déjà à 2,3milliards$ pour 2015-2016. Il devrait atteindre 18,4 milliards $ en 2016-2017 et 15,5 milliards $ en 2017-2018.

On est loin du surplus de 1,4milliard $ prévu par l'ex-ministre conservateur des Finances, Joe Oliver.

Parallèlement, le taux de croissance de l'économie ne sera que de 1,4 pour cent en 2016, en baisse par rapport aux 2 pour cent prévus il y a trois mois à peine.

Malgré tout, le gouvernement Trudeau maintient ses objectifs de réduction des impôts de la classe moyenne et d'investir 10milliards$ dans les infrastructures.

Cela sera-t-il suffisant? N'aurait-on pas plutôt besoin d'un véritable plan de relance de l'économie?

Il est certes inquiétant de voir un gouvernement au pouvoir depuis à peine 100 jours reconnaître qu'il ne pourra respecter son engagement de contenir le déficit ni d'atteindre l'équilibre budgétaire à la fin de son mandat.

Mais de là à conclure que le gouvernement Trudeau a déjà perdu le contrôle des finances publiques, comme le fait la leader intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, il y a une marge.

Faut-il rappeler que le gouvernement Harper a aligné sept budgets déficitaires sur 10 et augmenté la dette fédérale de 28 pour cent (135milliards $) en 10 ans?

En période de ralentissement économique, l'État doit investir dans les infrastructures et dans la recherche et l'innovation afin de stimuler la croissance, mais la prudence s'impose dans le choix de dépenses.

Bien peu de gens contesteront la promesse des libéraux d'abaisser les impôts de la classe moyenne, une mesure qui devrait coûter 1,3 milliard $. Mais en a-t-on les moyens, d'autant plus qu'Ottawa doit aussi venir en aide aux 4,7 millions de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté au Canada?

Triste nouvelle

Le départ inattendu pour cause de maladie de Pierre Moreau, à peine un mois après sa nomination à l'Éducation, est une triste nouvelle pour le monde politique et une tuile pour le monde de l'éducation qui, avec la nomination de Sébastien Proulx comme nouveau ministre de l'Éducation pour le primaire et le secondaire, en est à son sixième titulaire en cinq ans.

L'avenir dira si M. Proulx, déjà ministre de la Famille, aura l'étoffe nécessaire pour mener à bien les réformes en éducation et apporter une vision digne de ce nom dans ce ministère qui en a grand besoin.

En revanche, la décision du gouvernement Couillard de confier à Hélène David la responsabilité de l'Éducation supérieure devrait être bien reçue en raison de son expérience dans le milieu universitaire.

Parallèlement, le député de Sherbrooke Luc Fortin quitte son poste de ministre délégué au Loisir et au Sport pour devenir ministre de la Culture et des Communications, une véritable promotion qui sera certainement saluée par le milieu culturel estrien.

Au-delà de ces considérations, nous souhaitons la meilleure des chances à Pierre Moreau et un retour rapide au sein de l'équipe gouvernementale.

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