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L'éducation à la petite enfance: un apport social prouvé

ANALYSE / Au coeur de l'actualité depuis plusieurs semaines déjà, l'éducation à... (Archives La Tribune)

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Vincent Beaucher
La Tribune

(SHERBROOKE) ANALYSE / Au coeur de l'actualité depuis plusieurs semaines déjà, l'éducation à la petite enfance est un sujet qui revient ponctuellement dans le débat public, notamment à cause des sommes que nous y investissons collectivement, entre autres dans les centres de la petite enfance (CPE) et les services de garde en milieu familial. À cela s'ajoutent les garderies privées, subventionnées ou non.

Une question qui revient constamment concerne la plus-value d'une éducation en bas âge (à ne pas confondre avec la scolarisation), à savoir si le jeu en vaut la chandelle (et l'argent). Au fil des ans, des dizaines de chercheurs de par le monde se sont penchés sur la question, sous différents angles. Parmi les études effectuées, revenons sur quelques résultats d'une étude québécoise publiée il y a tout juste un an, faite pour le compte du Gouvernement du Québec.

Intitulée Enquête montréalaise sur l'expérience préscolaire des enfants de maternelle, cette recherche tentait de déterminer dans quelle mesure le fait d'avoir fréquenté un service de garde régi par le gouvernement avait eu un impact sur les enfants rendus en maternelle, âgés de 5 ans.

Étaient scrutés cinq domaines de développement : la santé physique et le bien-être; les compétences sociales; la maturité affective; le développement cognitif et langagier; les habiletés de communication et les connaissances générales. Les chercheurs essayaient ainsi de trouver quels facteurs pouvaient jouer dans le fait qu'un jeune soit en retard dans un ou l'autre, ou plusieurs, de ces domaines. Il y avait également un intérêt à voir si cet impact différait en fonction du statut socioéconomique familial des élèves.

Les bénéfices

Le constat majeur de cette étude est sans équivoque : les enfants venant de milieux familiaux à faibles revenus ont réellement un avantage à avoir fréquenté exclusivement un CPE ou un service de garde subventionné, plutôt que ne pas avoir fréquenté de service de garde, ou être allés au privé avec ou sans fréquentation du réseau public. Par contre, cet effet est assez peu perceptible chez les enfants issus de milieux familiaux « mieux nantis ».

Mis autrement, cela signifie que les services de garde régis sont réellement des vecteurs de diminution des inégalités sociales. Notons que ces milieux doivent, entre autres exigences, se conformer aux barèmes d'un programme éducatif. Le fait d'être dans un CPE ne règlera pas tout pour les jeunes moins choyés par la vie, mais l'impact positif est clairement démontré.

Dans le document de présentation de l'étude exposée ici, un tour d'horizon est effectué pour relever ce que d'autres études ont soulevé quant à l'éducation préscolaire. Par exemple, on mentionne que les effets positifs d'avoir fréquenté des milieux éducatifs à la petite enfance se répercutent jusqu'à la fin du secondaire. Certains affirment même qu'il s'agit des meilleures politiques publiques qu'un gouvernement peut instaurer pour réduire les inégalités sociales, favoriser le développement de ces citoyens en devenir et faciliter leur intégration à l'école et en société.

Fait intéressant, il peut être néfaste de trop fréquenter un service de garde. Il semble en effet qu'au-delà de 40-45 heures par semaine de fréquentation régulière, des effets négatifs pourraient se faire sentir. Par ailleurs, les études ont montré qu'il est tout à fait adéquat, voire bénéfique, de commencer à aller à la garderie avant l'âge de 1 an, mais pas avant 6 mois.

En conclusion, lorsqu'on s'attarde principalement au développement global de l'enfant (plutôt que l'impact sur les femmes ou encore les effets économiques, par exemple), il semble juste d'affirmer que la fréquentation d'un service de garde ayant des visées éducatives s'avère être un apport indéniable.

Au Québec, les CPE remplissent cette mission, peu importe le milieu socioéconomique, un point souligné dans la recherche. Les services de garde en milieu familial, lorsqu'ils sont régis, permettent eux aussi de relever la qualité des services offerts à la grandeur de la province. Il s'agit là de mailles additionnelles dans notre filet social qu'il nous faut assurément préserver, leur pertinence ayant été une fois de plus démontrée.

Vincent Beaucher (@Vbeaucher) enseigne en éducation à l'UdeS et à Bishop's. Pour lire d'autres textes liés à l'éducation, visitez le www.webeducation.ca ou www.facebook.com/webeducation.

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