Notre vieille église

Nous apprenons avec tristesse le sort réservé au tableau de Suzor-Coté La... (Photo fournie)

Agrandir

Photo fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Nous apprenons avec tristesse le sort réservé au tableau de Suzor-Coté La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige. L'oeuvre a pourtant toutes les qualités d'une pièce patrimoniale exceptionnelle. Elle représente la première église construite sur le versant est de la rivière Saint-François en 1884. Elle témoigne de l'évolution de la communauté francophone, qui s'affirmait avec la fondation de la deuxième paroisse catholique de Sherbrooke, après celle de la cathédrale.

La croissance de la paroisse Saint-Jean-Baptiste l'amènera 25 ans plus tard à ériger une église prestigieuse, longtemps surnommée « la cathédrale de l'Est ». En 1913, quand Suzor-Coté peint son tableau, cette nouvelle église est déjà construite. Pourtant, c'est la vieille église située à côté qu'il choisit d'immortaliser! Avec un décor magnifié par la neige... La personne qui a donné ce tableau à la paroisse, vers 1917 semble-t-il, a permis que l'oeuvre demeure à Sherbrooke, près du site qui avait inspiré l'artiste.

Avons-nous, dans notre héritage, d'autres toiles de peintres québécois de cette envergure qui ont pris comme motif un bâtiment ou un paysage de notre ville? Par son sujet, par sa facture, par tout ce qu'elle peut nous raconter de notre histoire, cette oeuvre est unique et doit être gardée en nos murs. Notre Musée des Beaux-Arts pourrait la conserver adéquatement et l'exposer au bénéfice de la collectivité.

Nous prions la Ville de Sherbrooke de reprendre ce dossier. La paroisse Saint-Jean-Baptiste a besoin d'argent pour la réfection de l'église. La Ville a sûrement l'intention d'accorder une aide pour ce bâtiment, comme elle l'a fait pour la basilique-cathédrale. Le tableau pourrait-il être échangé contre une partie de cette aide? Ou n'y a-t-il pas des mécènes prêts à assumer les coûts d'acquisition et à donner l'oeuvre au MBAS? Des crédits sont accordés par l'impôt pour ce genre de donation.

Et puis tiens, une autre idée : la Ville pourrait prendre le montant des taxes qu'elle percevra pour le « bloc » dont elle a autorisé la construction sur la rue Dufferin et l'investir dans le tableau... Le côté est de la rue, à droite en sortant du pont Terrill, avait jusqu'ici conservé tout son charme, avec une enfilade de maisons du 19e siècle parmi les plus belles de la ville. Le voilà irrémédiablement défiguré. La possible perte du tableau de Suzor-Coté fait déborder le vase. Tout ça est vraiment trop bête.

Anne Dansereau, 

Sherbrooke

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer