Pragmatique et valable

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) éDITORIAL / Le premier ministre Justin Trudeau a été passablement habile dans la redéfinition de la mission canadienne en Irak et en Syrie en confirmant le retrait de ses six chasseurs F-18 avec, en contrepartie, le déploiement de davantage de troupes de soutien dans la région jusqu'en mars 2017 et peut-être pour une année de plus.

L'annonce durant la campagne électorale qu'un gouvernement libéral mettrait fin aux missions de bombardement contre le groupe État islamique (EI) avait été accueillie froidement par les alliés du Canada, au point où il avait été exclu d'une réunion des membres de la coalition en janvier dernier.

La « nouvelle » mission canadienne, qui a reçu la bénédiction de l'ambassadeur américain au Canada, Bruce Heyman, démontre que pour cette première décision majeure en politique étrangère, M. Trudeau est parvenu à respecter un engagement électoral sans trop décevoir ses alliés.

De plus, le premier ministre devait mettre fin à l'ambiguïté.

Avec le retrait des F-18, le 22 février, Ottawa triplera, à 210 membres, les forces spéciales affectées à la formation des forces kurdes sur le terrain et ajoutera 300 militaires pour différentes missions dans la région, notamment le renseignement, en plus d'accorder 1,1 milliard $ en aide humanitaire sur trois ans.

En outre, deux avions de surveillance et un avion ravitailleur en vol resteront sur place.

Tout comme son prédécesseur Stephen Harper l'avait fait avant d'envoyer des troupes en Afghanistan, en 2006, M. Trudeau entend consulter le Parlement la semaine prochaine avant de modifier la mission canadienne, ce qui est une bonne chose compte tenu de la nature très sensible de cette décision.

Depuis novembre 2014, les F-18 canadiens ont participé à 233 missions contre l'EI en Irak et à 5 en Syrie, à un coût qui serait de 300 millions $.

En tant que membre de la communauté internationale, si cela veut encore dire quelque chose, le Canada a le devoir moral de lutter avec ses alliés contre cette organisation barbare et fasciste.

Toutefois, le choix de la manière de le faire lui appartient.

La position de Justin Trudeau, selon laquelle la meilleure façon d'oeuvrer à la stabilité à long terme de cette région est d'aider les forces sur place à combattre les terroristes et à fournir une aide humanitaire, se défend tout à fait.

Elle peut certes créer l'impression que le Canada recule et que cette guerre « n'est pas notre guerre », comme le déplore la chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, mais il n'en est rien.

Car, ironiquement, la nouvelle mission canadienne sera plus risquée puisque les forces envoyées sur le terrain pourraient être attaquées et devoir se défendre, notamment en Irak.

De plus, le retrait de six F-18 ne changera pas grand-chose sur le plan des opérations aériennes des alliés.

Soutenir les forces locales, offrir du personnel pour le renseignement et augmenter l'aide humanitaire est non seulement justifiable, mais pragmatique et conforme à la nouvelle manière canadienne de voir les choses.

Les propos de M. Trudeau selon lesquels « l'ennemi mortel de la barbarie n'est pas la haine, c'est la raison » peuvent sembler un brin angéliques, mais ils donnent un sens nouveau à l'implication du Canada.

Les frappes de la coalition font partie de la solution pour arriver à détruire l'EI.

Mais connaît-on le nombre de victimes civiles de ces bombardements?

Il est bien difficile de croire que seuls les Russes, même s'ils font rarement dans la dentelle, sont les seuls à faire des victimes « collatérales » avec leurs bombes.

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