Un meilleur accès aux soins?

ÉDITORIAL / La volonté du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d'uniformiser... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La volonté du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d'uniformiser les coûts des services de santé et d'établir le financement des établissements en fonction du volume de leurs activités est louable si cela permet d'offrir un meilleur accès aux soins pour la population.

En vertu de la formule du « financement à l'activité », les coûts des interventions dans les établissements de santé de la province seront évalués en vue de réduire les disparités régionales et d'en arriver à un prix moyen que les hôpitaux factureront au gouvernement.

Si, comme le soutient M. Barrette, le gouvernement est incapable d'évaluer de façon uniforme le coût des interventions dans le réseau de la santé, pour faire par exemple une prothèse de hanche, il est plus que temps de trouver une solution pour que les Québécois sachent combien ils paient et pourquoi.

De même il est difficile de comprendre pourquoi le coût des activités n'est pas le même partout dans la province puisque la formation et la rémunération du personnel sont conventionnées et que les moyens dont disposent les établissements sont en fonction de leur vocation, du moins en principe.

Selon le ministre Barrette, la formule du « financement à l'activité » permettra de répartir les ressources de façon plus équitable, d'améliorer l'accès aux soins et de favoriser la concurrence dans le réseau public.

Il soutient que cette réforme pourrait permettre d'économiser des « dizaines, voire des centaines de milliers de dollars », mais que le but n'est pas d'en arriver au coût le plus bas, mais de déterminer un prix médian.

Les Québécois ne demandent pas mieux que de croire leur ministre de la Santé, mais tout cela semble de prime abord trop beau pour être vrai.

D'autre part, est-il réaliste et souhaitable d'établir une concurrence entre les hôpitaux? Cela améliorera-t-il l'accès aux soins?

Les établissements risquent-ils de favoriser les soins les plus « payants » au détriment des services plus coûteux?

Et quels seront les frais administratifs de cette nouvelle façon de faire? Déjà que Québec accordera - sans appel d'offres - un contrat de 64,5 millions $ pour un système informatique destiné à analyser les coûts des soins et des services offerts aux usagers du réseau.

Astrid Brousselle, qui dirige la Chaire de recherche du Canada en évaluation et amélioration du système de santé, dit à ce propos que « le financement à l'activité demande beaucoup plus d'administration et n'a jamais permis de diminuer les coûts ».

Autre question : où ira l'argent économisé?

Paul Brunet, porte-parole du Conseil pour la protection des malades, applaudit à première vue cette réforme si elle « rend le réseau plus efficace et qu'on va en avoir pour notre argent ».

« Mais, cela dit, on veut que les économies qu'il va aller chercher soient réinvesties dans le réseau; faire mieux, OK, mais s'il n'y a pas d'argent frais ça ne servira pas à améliorer l'accès aux services », plaide-t-il.

Il rappelle que la création des centres intégrés de santé et de services sociaux a permis des économies de 220 millions $ « qui se sont retrouvés au Conseil du trésor pour le déficit zéro ».

Le ministre Barrette est reconnu pour faire ce qu'il dit.

Malheureusement, la population est échaudée par le peu de résultats jusqu'ici des promesses et des réformes administratives.

À l'exception d'une meilleure rémunération pour les médecins et les spécialistes, celles-ci n'ont pas permis jusqu'ici de réduire les délais en chirurgie, à l'urgence ou pour obtenir une consultation dans une clinique de santé sans rendez-vous.

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