Quelles sont les  garanties?

Éditorial / La vente de Rona au géant américain Lowe's pour 3,2 milliards $ CAN... (La Presse, Patrick Sanfaçon)

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La Presse, Patrick Sanfaçon

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / La vente de Rona au géant américain Lowe's pour 3,2 milliards $ CAN est sûrement une bonne affaire pour les actionnaires de ce fleuron québécois de la quincaillerie et de la rénovation.

Mais elle soulève de l'inquiétude pour les emplois, les fournisseurs québécois et le maintien des centres de décisions au Québec.

En plus d'entraîner la perte d'un autre siège social après ceux d'Alcan, de Provigo et de la Bourse de Montréal, entre autres.

Et ce n'est pas la réaction angélique de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, qui reprend à son compte les propos rassurants de Lowe's, qui va nous éclairer sur les impacts réels de cette transaction et, surtout, sur les avantages pour les Québécois, s'il y en a.

Rona effectue près de la moitié de ses achats au Québec avec 50 000 emplois directs et indirects dans la province (90 000 dans l'ensemble du Canada).

La réaction de l'Institut économique de Montréal, selon laquelle une prise de contrôle par une entreprise étrangère présente des avantages sur le plan de la gestion, de l'accès à un plus grand réseau d'approvisionnement et des économies d'échelle, ressemble à un voeu pieux, bien que l'on puisse penser que la faiblesse du dollar canadien pourrait avantager les fournisseurs québécois. Du moins pour un temps.

On dit que les Québécois sont sur la défensive lorsqu'ils voient un de leurs fleurons commerciaux, institutionnels ou industriels passer sous contrôle étranger, ce qui est lié à la fois à un réflexe de survie et à une angoisse collective propre aux minorités.

Il est vrai également que dans une économie mondialisée ce genre de transaction est courant et qu'il faut jouer le jeu.

Mais le Québec doit-il pour autant se transformer en une économie de succursales, comme le demande le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault?

Lowe's a beau garantir que la direction des opérations canadiennes de l'entreprise demeurera à Boucherville, que la « grande majorité des emplois » seront préservés, tout comme ceux des « dirigeants clés », les vraies décisions se prendront aux États-Unis, surtout en période de difficultés.

Le géant américain se préoccupera-t-il du développement économique du Québec?

Il est vrai que cette transaction était souhaitée par les dirigeants

Pourtant, en 2012, une offre non sollicitée de Lowe' s avait été rejetée et avait suscité une levée de boucliers de la part du gouvernement Charest et de son ministre des Finances, Raymond Bachand, qui craignaient pour les emplois et pour les fournisseurs.

M. Bachand évoquait même une « déstructuration économique » à long terme et avait demandé à Investissement Québec et à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) d'acheter des actions de Rona pour bloquer la transaction.

Aujourd'hui, le gouvernement Couillard et la CDPQ, qui détient 17 pour cent des actions, sont d'accord.

En 2016, le contexte économique est différent soutient la direction de Rona, qui affirme que d'ici cinq ans la chaîne s'exposait à la décroissance en raison de la concurrence et que, grâce à cette transaction avec Lowe' s, Rona fera partie de la plus grande chaîne en rénovation résidentielle au Canada. Soit.

Toutefois, pourquoi cette transaction serait-elle plus acceptable que celle de 2012 sur le plan des emplois et pour les fournisseurs?

Il s'agit peut-être d'un mal pour un bien, mais il est désolant de constater que le gouvernement Couillard donne le feu vert à cette vente sans trop poser de questions alors que l'économie québécoise bat de l'aile et que les emplois promis depuis 2014 ne se matérialisent pas.

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