Pas de pétrole mais encore de l'incertitude

ÉDITORIAL / La confirmation par la compagnie Central Maine & Québec (CMQ) du... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La confirmation par la compagnie Central Maine & Québec (CMQ) du prolongement du moratoire sur le transport de pétrole brut à Lac-Mégantic est une bonne nouvelle pour les citoyens, bien que cela ne règle en rien la controverse sur l'état des voies ferrées dans cette municipalité et le transport de gaz propane.

Cette décision, annoncée d'abord par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et confirmée par la CMQ, peut s'expliquer par la volonté de celle-ci de ne pas vouloir exacerber les craintes de la population, encore très vives deux ans et demi après le déraillement du convoi pétrolier de la Montréal Maine & Atlantic.

Et, peut-être aussi, par le fait que le prix du baril de pétrole est à son plus bas niveau en 10 ans.

Depuis plusieurs mois, la Coalition des citoyens et organismes pour la sécurité ferroviaire dénonce le mauvais état des voies ferrées à Lac-Mégantic (rails usés, traverses pourries et ponceau en mauvais état) sur la base d'inspections visuelles, alors que la CMQ et Transports Canada soutiennent que le tronçon est sécuritaire... si les trains roulent à 10 mi/h.

Elle-même insatisfaite des explications de Transports Canada, la Ville de Lac-Mégantic a dû mandater à ses frais à l'été 2015 une firme indépendante pour une contre-expertise sur l'état des voies ferrées.

Il est désolant de constater que jusqu'ici Transports Canada n'a pas semblé prendre au sérieux les doléances des citoyens et de la municipalité.

Pourtant , le mandat de la Direction générale de la sûreté du transport terrestre et intermodal de Transports Canada est précisément de gérer le Programme de sûreté ferroviaire, guidé par la Loi sur la sécurité ferroviaire et la Loi sur le transport des marchandises dangereuses.

En octobre dernier, le président de CMQ, John Giles, a proposé un plan de 22 millions $ sur trois ans pour réparer les rails et les ponceaux sur le territoire de Lac-Mégantic, ce qui représente un déblocage important.

Robert Bellefleur, membre de la coalition, rappelle toutefois que pour l'heure une centaine de wagons transportant du gaz propane, un produit explosif, traversent chaque semaine la municipalité de Lac-Mégantic, durant la nuit, sur des voies ferrées dont l'état soulève des inquiétudes sur le plan de la sécurité.

Même s'il n'y a pas de transport de pétrole cette année, la situation actuelle ne peut se prolonger indûment puisque le projet de voie de contournement réclamé par la population ne se réalisera pas avant trois ans. Ce qui, aux yeux de la coalition, offre un prétexte aux politiciens et aux décideurs pour ne pas prendre d'engagements précis ou dire qu'ils ont les mains liées.

On ne peut douter de la bonne volonté du ministre Marc Garneau lorsqu'il dit qu'il prend la situation au sérieux et se préoccupe du transport de produits dangereux par train.

Mais celui-ci doit réparer dix années de laxisme du gouvernement conservateur, et des libéraux avant lui, notamment les manquements de Transports Canada dans la supervision de la sécurité du secteur ferroviaire, dont l'application et le respect des « Systèmes de gestion de la sécurité » confiés aux entreprises, comme l'a constaté le Bureau de la sécurité des transports du Canada.

L'année 2016 dira si CMQ tiendra parole et si Ottawa démontrera davantage de détermination pour resserrer les règles pour le transport ferroviaire.

Ce n'est pas en répétant que les rails sont en bon état et que les citoyens de Lac-Mégantic n'y connaissent rien que l'on va les rassurer.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer