Retenez bien ce nom : Marco Rubio

Les vrais victorieux ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Si les projecteurs... (Associated Press)

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Les vrais victorieux ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Si les projecteurs étaient rivés lundi sur Ted Cruz, qui a causé la surprise en coiffant l'excentrique Donald Trump aux caucus de l'Iowa, on a aussi assisté à l'émergence d'un candidat modéré chez les républicains dans la course à la présidence : Marco Rubio.

Sans rien enlever au triomphe à l'arraché de Cruz, l'Iowa, qui part traditionnellement le bal des primaires, n'a pas été un baromètre fiable pour le GOP aux plus récentes présidentielles. Qui se souvient des Rick Santorum ou Mike Huckabee, qui avaient respectivement gagné en 2012 et 2008 dans ce minuscule État fortement évangélique?

C'est plutôt la robuste troisième place de Marco Rubio, à un cheveu de Trump, qui devrait retenir l'attention. La prestation du jeune sénateur de Floride lui permet d'émerger clairement, à ce stade-ci, comme le candidat modéré le plus susceptible de ravir la Maison-Blanche aux démocrates en novembre prochain.

Marco Rubio pourrait ainsi devenir une alternative valable à Hillary Clinton pour les électeurs américains qui campent au centre du spectre politique, et dont l'appui est essentiel pour être élu président.

Du même coup, « l'establishment » républicain pourrait avoir trouvé sa planche de salut pour barrer la route à Cruz et Trump. Les deux meneurs étaient en train de faire glisser le parti sur une pente savonneuse vers l'extrême droite, un cadeau pour Hillary Clinton, perçue comme la candidate incontournable des démocrates, même si elle est sortie fragilisée des caucus de l'Iowa.

Jusqu'à maintenant, l'éparpillement des forces modérées avait grandement profité à Donald Trump et Ted Cruz, à l'avant-scène dans les débats. En se détachant en Iowa des Jeb Bush, Chris Christie et John Kasich, qui courtisent les mêmes partisans centristes, Marco Rubio espère concentrer dans son camp les donateurs fortunés désireux de se débarrasser des candidatures gênantes de Cruz et Trump.

Le prochain rendez-vous, au New Hampshire la semaine prochaine, sera crucial pour les candidats qui n'ont pu se faire valoir en Iowa. Mais il faudra peut-être attendre au scrutin de Caroline du Sud le 20 février, avant que les prétendants plus faibles lancent la serviette. C'est à ce moment que Marco Rubio pourrait rassembler le vote modéré et tirer son épingle du jeu au Super mardi, 1er mars, alors que 14 États se prononceront.

Dans le camp démocrate, Marco Rubio est le républicain qu'on souhaite le moins affronter aux présidentielles. Hillary Clinton a toutes les raisons de le craindre. Sa jeunesse (44 ans) serait un contraste frappant avec l'âge de l'ex-secrétaire d'État (69 ans). Son origine cubaine pourrait attirer le vote hispanophone - un Américain sur six -, largement acquis aux démocrates. Sans compter que Marco Rubio vient de la Floride, un État névralgique, presque incontournable, pour accéder à la présidence des États-Unis. Ce n'est pas pour rien que M. Rubio est le seul candidat républicain à devancer Mme Clinton avec régularité dans les sondages sur la scène

nationale.

La course sera encore très longue. Nous n'en sommes qu'aux premiers balbutiements des primaires. Le candidat républicain pourrait n'être connu que dans quelques mois. De son côté, le couronnement d'Hillary Clinton devra attendre. La performance éclatante du « socialiste » Bernie Sanders en Iowa, où il a failli arracher la victoire, insufflera beaucoup d'énergie à sa campagne anti-Wall Street.

Mais un affrontement Rubio-Clinton aux présidentielles de l'automne semble se dessiner, tranquillement, mais sûrement.

Jean-Pascal Beaupré

Ancien directeur des pages éditoriales à La Presse et ex-journaliste à La Tribune

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