Le club-école

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le remaniement ministériel de jeudi a donné lieu à une situation inusitée avec l'accession au Conseil des ministres d'une ancienne caquiste, Dominique Anglade, et d'un ex-adéquiste, Sébastien Proulx.

Ce qui s'ajoute à un autre transfuge de taille, Gaétan Barrette, ex-candidat vedette de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui était passé au Parti libéral du Québec (PLQ) à la veille des élections d'avril 2014.

S'agit-il d'un simple concours de circonstances? D'une forme d'opportunisme politique de la part des protagonistes? Ou d'une discrète stratégie libérale pour assimiler en douce les meilleurs éléments de la CAQ et l'affaiblir?

Cela, en tout cas, n'a rien de bien rigolo pour le parti de François Legault qui cherche à se distinguer à la fois du PLQ et du Parti québécois (PQ), mais qui voit certains de ses anciens candidats et députés changer de camp, en plus d'avoir l'impression de se faire « voler » ses idées!

La stratégie maritime du gouvernement Couillard n'a-t-elle pas pris exemple du Projet Saint-Laurent de François Legault, axé sur l'innovation, l'éducation et le développement économique?

De même, on peut penser que la proposition caquiste d'abolir les commissions scolaires a inspiré les libéraux qui avaient d'abord songé à les fusionner pour finalement opter pour une réforme de leur mode de gouvernance.

Le PLQ et la CAQ jouent pratiquement sur le même terrain au plan politique : tous deux s'opposent à la souveraineté, le premier parce qu'il a toujours jugé ce projet dangereux et le second parce qu'il le croit dépassé.

De plus, les deux formations sont de centre droit au plan socio-économique et partisan d'une réduction de la taille de l'État.

En raison de ses positions plus nationalistes et identitaires, le parti de François Legault peut toutefois miser sur l'affaiblissement du mouvement souverainiste pour espérer rallier une part de l'électorat péquiste déçu, ce que ne peuvent faire les libéraux.

Lors du scrutin de 2014, la CAQ avait ravi huit circonscriptions au PQ, mais il est bien difficile de dire s'il s'agissait d'un véritable tournant ou d'une désaffectation ponctuelle.

Le chef de la CAQ répète depuis un bon moment que des députés du Parti québécois songent à faire le saut chez lui.

Malheureusement, on voit plutôt d'anciens caquistes passer chez les libéraux et qui, en plus, se font offrir des postes importants.

Dominique Anglade, ex-présidente de la CAQ, ex-PDG de Montréal international et candidate caquiste défaite dans Fabre s'est fait élire comme députée libérale lors d'une partielle dans Saint-Henri/Sainte-Anne en novembre 2015 pour être nommée ministre de l'Économie à peine trois mois plus tard...

De quoi penser qu'elle s'était fait promettre un poste de ministre.

De son côté, Sébastien Proulx, ancien député de l'Action démocratique élu député libéral de Jean-Talon lors d'une partielle en juin 2015, a hérité du poste de ministre de la Famille et du dossier des Centres de la petite enfance.

Le passage de Gaétan Barrette, ex-candidat vedette de la CAQ, au Parti libéral en vue des élections d'avril 2014 avait aussi porté un dur coup au chef François Legault, qui perdait ainsi un joueur majeur au sein de son équipe.

Avec une Coalition avenir Québec qui louvoie dans les sondages et qui peine à sauver les meubles, François Legault semble avoir de la difficulté à offrir une solution de remplacement aux libéraux de Philippe Couillard.

Au point où on a l'impression que la CAQ est devenue un club-école du PLQ.

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