Le ministre Hamad doit jouer franc jeu

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Depuis le dépôt du projet de loi 70, lequel introduit le Programme objectif emploi, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, soutient qu'un nouveau demandeur d'aide sociale qui refuserait un emploi jugé « convenable » verra sa prestation amputée de moitié. (...).

Le ministre Hamad laisse entendre d'autre part que les nouveaux demandeurs devront accepter « tout emploi convenable » qui leur est proposé, même si cet emploi se trouve à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile. (...).

Pour le Collectif pour un Québec sans pauvreté, quelque soit au final le montant de la pénalité financière ou la distance à parcourir, cela ne changera rien à l'affaire : les obligations attachées au Programme objectif emploi sont en soi inacceptables. Il est tout simplement impensable de couper les prestations des personnes assistées sociales, celles-ci étant déjà contraintes de survivre avec des revenus même pas suffisants pour couvrir leurs besoins de base. Mais M. Hamad semble y tenir terriblement, à ces obligations. Il y tient surtout pour montrer que le gouvernement agit en toute équité, obligeant même les personnes assistées sociales à faire leur part dans la lutte contre le déficit. Mais cela, il n'ose pas le dire.

Depuis le dépôt du projet de loi 70, M. Hamad semble chercher à se dégager une marge de manoeuvre. Pour quelle raison? Pour pouvoir reculer sur les propositions les plus délirantes de son projet de loi, tout en montrant, du même coup, son « écoute » et sa capacité à s'adapter aux demandes de la société civile.

Mais le Collectif ne sera pas dupe. Ailleurs dans le monde, les programmes de « workfare », dont s'inspire le projet de loi 70, ne fonctionnent pas. Ces programmes reposent non seulement sur des préjugés, mais, en plus, ils les alimentent. Les menaces découragent plus qu'elles motivent. Et la très grande pauvreté mène trop souvent à l'itinérance et à la désaffiliation. À la veille du début des consultations publiques sur le troisième plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté, le Collectif pour un Québec sans pauvreté demande au ministre Hamad de jouer franc jeu. Le Collectif n'acceptera pas l'appauvrissement des personnes assistées sociales. Il refusera même d'en débattre, tant la chose lui apparaît immorale. (...).

Serge Petitclerc

Porte-parole du Collectif

pour un Québec sans pauvreté

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