Au coeur de la tempête

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Visiblement, Pierre Karl Péladeau, a encore des « croutes à manger » en politique alors qu'il est à nouveau en eaux troubles en raison de la controverse sur son projet d'institut de recherche sur la souveraineté et sur la question empoisonnée des paradis fiscaux utilisés par des filiales de Québecor, dont il est l'actionnaire de contrôle.

Depuis son entrée en politique il y a près de deux ans, le chef du Parti québécois ne l'a pas eu facile.

Il a vécu polémique sur polémique, qu'il s'agisse de son poing brandi lors de la campagne électorale de 2014, de ses trop nombreuses déclarations malhabiles, de son manque de flair politique ou de ses sorties intempestives.

À cela s'ajoute sa séparation très médiatisée d'avec sa conjointe Julie Snyder, ce qui l'a incité à prendre deux journées de pause et à annuler sa visite à Sherbrooke, hier.

La vie politique est peu compatible avec la vie de couple et il faut compatir avec ce politicien convaincu, mais malheureusement pas toujours convaincant.

Après sa mise en demeure envoyée à la Coalition avenir Québec (CAQ) et sa menace de poursuite contre le Parti libéral en raison de leurs questions sur l'indépendance d'un futur institut sur la souveraineté, PKP a réagi de façon épidermique devant la controverse soulevée par les reportages de La Presse et de Radio-Canada, selon lesquels des filiales de Québecor avaient été créées dans des paradis fiscaux à l'époque où il en était le président.

M. Péladeau n'aide pas sa cause en refusant de répondre aux questions des journalistes, en agitant des menaces de poursuites ou en affirmant qu'il ignorait que des entreprises au sein de Québecor avaient recours à des stratégies d'évitement fiscal. Après tout, c'était lui le grand patron!

Il aurait avantage à expliquer calmement la situation et à apporter les nuances et les précisions qui s'imposent.

Sinon, comment savoir qui dit vrai?

En politique les perceptions font parfois plus mal que la réalité et malheureusement M. Péladeau peine à démontrer qu'il est au-dessus de tout soupçon ou qu'il ne savait pas.

L'évitement fiscal est légal, mais immoral aux yeux de la majorité des citoyens qui doivent payer leurs impôts et ne peuvent bénéficier de telles mesures.

Lors de son arrivée à la tête du Parti québécois, M. Péladeau était perçu comme le sauveur de la cause souverainiste. Mais après deux ans aux commandes il n'arrive pas à fédérer les souverainistes autour du PQ ni à s'imposer comme un véritable chef de l'opposition.

Les sondages démontrent du reste que le parti fait au mieux du surplace.

Le chaos quasi perpétuel dans lequel semble plongé le PQ depuis plusieurs semaines n'augure rien de bon. On peut même se demander si le navire va demeurer à flot longtemps alors que le chef de la CAQ, François Legault, affirme que des députés péquistes insatisfaits du leadership de PKP envisagent de faire le saut chez lui.

Il est difficile pour le moment de mesurer l'étendue réelle des dommages pour le Parti québécois et pour M. Péladeau, dont la qualité de chef de parti et d'actionnaire d'une grande entreprise médiatique est une source de problèmes.

Toutefois, il serait surprenant qu'après avoir beaucoup sacrifié à la politique, le chef péquiste annonce sa démission. Mais sera-t-il capable de rebondir?

Et, plus important encore, le PQ parviendra-t-il à se remettre de cette nouvelle crise et à revenir aux « vraies affaires », c'est-à-dire jouer pleinement son rôle de principal parti d'opposition?

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