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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La décision du gouvernement du Québec de financer directement les centres de désintoxication à l'aide d'une subvention récurrente de six millions $ par année est logique et témoigne enfin d'un peu de bon sens et de compassion pour aider les personnes toxicomanes à s'en sortir.

Préférerait-on que ces individus se retrouvent dans la rue, à l'urgence ou en prison? Et n'est-ce pas le rôle de l'État de soutenir ces organismes?

La ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, se défend d'avoir agi à la dernière minute devant le tollé suscité par la fermeture du centre Mélaric et les appels à l'aide d'autres organismes. Elle soutient que le dossier était à l'étude « depuis fort longtemps ».

Son gouvernement donne néanmoins l'impression d'avoir réalisé soudainement l'impact très dommageable de la nouvelle norme qu'il a imposée en mai dernier aux bénéficiaires de l'aide sociale inscrits en désintoxication.

Celle-ci abaissait de 750 à 200 $ par mois les montants accordés à ces personnes qui constituent la majorité de la clientèle des centres de la province.

Cette situation a fait en sorte que plusieurs centres de désintoxication, dont le Domaine Orford à Sherbrooke, se sont retrouvés en difficulté financière et que certains craignaient même de devoir fermer leurs portes.

Il faut donc se réjouir de la volte-face du gouvernement Couillard et l'en féliciter... Même les six millions $ annoncés correspondent à ce qu'il prévoit économiser grâce à sa réforme de l'aide sociale, le projet de loi 70, qui sera étudié en commission parlementaire à compter de mercredi prochain.

Des minorités encore peu visibles

Au moment où l'accueil et l'intégration des immigrants sont au coeur des enjeux auxquels est confronté le Québec, la plupart des villes et des établissements publics n'atteignent pas leurs objectifs d'embauche des membres des minorités visibles et ethniques.

Ce qui démontre la nécessité de politiques d'accès à l'égalité plus efficaces et, sans doute, d'une meilleure volonté politique.

Des données de la Commission des droits de la personne citées par Radio-Canada démontrent en effet que les minorités visibles sont encore marginales parmi les employés du secteur public québécois, en santé, en éducation et dans les villes notamment, bien qu'il y ait des exceptions.

Les objectifs des programmes d'accès à l'égalité sont donc loin d'être atteints dans la plupart des cas.

Par exemple, les données de la Ville de Sherbrooke indiquent que les employés membres des minorités visibles, ethniques et autochtones totalisaient 73 personnes en 2012 sur un total de 1812 employés ou 0,04 pour cent.

Selon Statistique Canada, la Région métropolitaine de Sherbrooke comptait en 2011 une population immigrante de 12 115 personnes ou 6,2 pour cent de sa population totale.

La Commission estime que pour ce qui est des minorités visibles, Sherbrooke n'aurait atteint que 11 pour cent de ses objectifs d'embauche.

L'Université de Sherbrooke en serait à 20 pour cent de ses objectifs, ce qui la placerait bonne dernière parmi les universités québécoises.

À la Commission des droits de la personne, on explique que les programmes d'accès à l'égalité ne visent pas de quotas d'embauche.

Il s'agit plutôt d'objectifs pour combler la sous-représentation des groupes au sein des effectifs concernés (métiers, fonctionnaires, policiers, infirmières, etc.) en fonction de la disponibilité de la main-d'oeuvre immigrante compétente, afin de refléter la diversité de la population.

Des efforts sont donc encore nécessaires pour mieux traduire la réalité de la société québécoise et estrienne.

Mais cela est tout à fait possible même en région : Drummondville, par exemple, a atteint 50 pour cent de ses objectifs.

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