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ÉDITORIAL / Les Québécois estiment que le coût de la vie est de plus en plus... (La Presse, David Boily)

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La Presse, David Boily

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Les Québécois estiment que le coût de la vie est de plus en plus élevé et les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) leur donnent raison puisque le revenu disponible par habitant dans la province était en 2014 le plus bas au Canada, une situation encore plus prononcée dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke.

L'ISQ mentionne en effet qu'avec un revenu disponible de 26 046 $ par habitant en 2014, le Québec se classe, pour une deuxième année consécutive, au dernier rang parmi les provinces et les territoires.

La RMR de Sherbrooke est bonne dernière parmi les six RMR de la province avec un revenu disponible par habitant de 23 813 $ par année!

La situation québécoise s'explique principalement par la faible progression de la rémunération des salariés et des transferts gouvernementaux, de même que par la hausse des cotisations que les employés versent à leur régime de retraite.

La faiblesse des revenus des travailleurs québécois peut également s'expliquer par un taux d'emploi plus bas au Québec qu'ailleurs et par un nombre d'heures de travail hebdomadaire légèrement inférieur à la moyenne canadienne (31,5 heures au Québec contre 32,9 heures au Canada en 2014), selon l'ISQ.

Parallèlement, la faible progression du revenu disponible en 2014 a été pratiquement annulée par le taux d'inflation, de sorte que le pouvoir d'achat des Québécois n'a cru que de 0,1 pour cent.

Cette situation ne touche pas, évidemment, les mieux nantis, dont les médecins québécois qui, depuis 2014, sont mieux rémunérés que la moyenne canadienne à la suite d'un rattrapage salarial amorcé en 2008, selon l'Institut canadien d'information sur la santé.

Les données de l'ISQ soulèvent à tout le moins des questions sur la stratégie du gouvernement Couillard pour créer des emplois et, surtout, des emplois de qualité.

Lors de la campagne électorale du printemps 2014, le chef libéral Philippe Couillard avait promis la création de 250 000 emplois en cinq ans, ce qui ne semble guère se matérialiser jusqu'ici : en 2014 l'emploi a stagné au Québec (-0,03 pour cent) et n'a augmenté que de 0,9 pour cent en 2015 avec 37 300 nouveaux emplois, selon Emploi Québec.

On ne connaît pas encore les données de l'ISQ sur l'emploi et le pouvoir d'achat en 2015, mais dire que les temps sont durs au plan économique est un euphémisme pour une majorité de citoyens et surtout pour les bas salariés, les personnes âgées, les étudiants et les nouveaux arrivants.

En 2016, aux hausses de tarifs et de cotisations (électricité, services de garde, taxe scolaire et Régie des rentes du Québec, notamment) s'ajoutera une augmentation du prix des aliments, spectaculaire dans le cas des fruits et légumes en raison de la mauvaise météo en Floride, en Californie et au Mexique, et de la faiblesse du dollar canadien.

Selon une étude du Food Institute de l'Université de Guelph, en Ontario, la hausse du coût du panier d'épicerie pourrait atteindre 4,5 pour cent, bien davantage que le taux d'inflation.

La famille moyenne québécoise devrait ainsi débourser 365 $ de plus pour se nourrir cette année, alors que les salaires ne suivent pas.

La diminution du pouvoir d'achat au cours des dernières années s'observe également ailleurs au Canada.

Mais cela n'est rien pour consoler les Québécois dont le revenu disponible par habitant est au dernier rang à l'échelle nationale et qui assistent, comme ailleurs au pays il faut bien le dire, à la croissance des inégalités.

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