Une occasion ratée

ÉDITORIAL / Les propriétaires de places d'affaires du centre-ville de... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Les propriétaires de places d'affaires du centre-ville de Sherbrooke ont raté une occasion de se donner un organisme pour les représenter, promouvoir et organiser des activités grand public, à la suite du rejet par une très mince majorité du projet de nouvelle Société de développement commercial (SDC).

Celui-ci était proposé par l'Association des gens d'affaires et appuyé par Commerce Sherbrooke.

Il est vrai que les activités commerciales vont relativement bien au centre-ville, où le taux d'inoccupation des locaux a diminué entre 2014 et 2015 pour se situer à 22,4pour cent (11,8 pour cent en terme de superficie).

Dans ce contexte, il est bien possible que plusieurs commerçants ne voient pas l'utilité d'une SDC.

En revanche, la morosité économique qui s'installe et la tiédeur des consommateurs militent pour un regroupement de tous les acteurs de ce secteur afin d'assurer son dynamisme et de continuer à offrir un environnement commercial qui se distingue.

En d'autres mots, il ne faut pas s'asseoir sur ses lauriers.

Malheureusement, avec 92 voix contre et 90 voix pour ce projet, les propriétaires de places d'affaires semblent divisés.

Il est vrai que nombre de commerçants gardent un mauvais souvenir de l'ancienne SDC, dissolue en 2007 en raison de hausses de cotisations et d'un désaccord sur certaines orientations de l'organisme.

À l'époque la cotisation de base était de 200 $ pour un rez-de-chaussée et de 100 $ pour les étages, doublée d'une contribution de 2,60 $ par mètre carré, de sorte que certains commerçants se retrouvaient avec une facture dépassant les 1000 $ par année.

La formule proposée par l'Association des gens d'affaires, un organisme à adhésion volontaire, était moins coûteuse et plus flexible : une cotisation obligatoire de 50 $ par année pour les OSBL, de 100 $ pour les commerces de moins de 50 mètres carrés, de 200 $ pour ceux de 50 à 100 mètres carrés et de 300 $ pour les autres.

Au cours des dernières années, les événements dans lesquels s'est impliquée l'Association des gens d'affaires, notamment « Bouffe ton centro », la glissade de la côte King et le Festival des films du monde, ont démontré que la mobilisation donne des résultats.

Son président, Jean-François Bédard soutient qu'une SDC élargie au grand centre-ville (Bowen, Galt, Belvédère et Montréal) permettrait avec la formule des cotisations obligatoires (une exigence de la loi des cités et villes) de donner une nouvelle impulsion au secteur et d'innover.

Le conseiller municipal Robert Pouliot et opposant au projet, qui est également commerçant sur la rue Wellington Sud, a indiqué à l'issue du vote qu'il fera des suggestions lorsque la poussière sera retombée.

Jean-François Bédard dit qu'il le prend au mot :

« On le met au défi! Si son idée est bonne on va l'aider. Au départ, on veut le bien du centre-ville. On n'est pas en guerre! » lance-t-il.

Les opposants devraient peut-être s'inspirer de la SDC de Trois-Rivières qui semble satisfaire les commerçants et fait preuve d'initiative. Des exemples? Un service de voituriers de stationnement pour épargner aux visiteurs la recherche d'un endroit pour garer leur auto et l'aménagement d'une patinoire extérieure au coeur du vieux centre-ville.

Alors que l'économie est en ralentissement et que les consommateurs doivent se serrer la ceinture, les commerçants ont plus que jamais besoin d'unir leurs forces et de se donner les moyens de promouvoir un secteur commercial vital qui, grâce à une architecture unique et à un environnement physique exceptionnel, est l'âme de la ville Sherbrooke.

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