Orphelins de médecins

ÉDITORIAL / Un an après la création en grande pompe du Centre intégré... (La Presse Canadienne)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Un an après la création en grande pompe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS de l'Estrie-CHUS), dont l'un des objectifs est le maintien et l'amélioration des services de proximité, certaines communautés sont toujours aux prises avec un manque de médecin ou pire, craignent d'assister à la fermeture de leur clinique de santé, comme c'est le cas à East Angus.

Ce genre de problème ne date évidemment pas d'hier.

Mais il est difficile de comprendre qu'après des années de réformes et de réorganisation du réseau de la santé, dont la dernière en date est celle des CISSS et des CIUSSS, issus de la fusion des établissements publics et des agences de la santé et des services sociaux des régions, le manque de médecin se fasse encore sentir dans des communautés comme Weedon, Lambton et, bientôt East Angus.

Dans cette ville de 4000 habitants, située à 23 kilomètres de Sherbrooke, le départ à la retraite de deux médecins, tout comme celui d'un troisième qui ne pourra assurer à lui seul le fonctionnement de la clinique, fait craindre une fermeture en juin prochain puisque les efforts de recrutement n'ont rien donné jusqu'ici.

Résultat : la population d'East Angus et celle des environs devra se rabattre sur le Groupe de médecine familiale (GMF) du Haut-Saint-François de Cookshire, mais les patients qui n'y ont pas de médecin de famille inscrit au GMF devront passer par la clinique sans rendez-vous.

Robert Roy, le maire d'East Angus, on le comprend, est très mécontent de la situation et se pose sans doute les mêmes questions que les citoyens : pourquoi est-ce si difficile de recruter de nouveaux médecins à 20 minutes de route de Sherbrooke? Et comment, si la clinique ferme en juin, feront les personnes âgées et vulnérables pour aller chercher des soins à l'extérieur?

« Demain matin dit-il, de nouveaux médecins hériteraient de 20 000 dossiers! », lance-t-il.

La prise en charge par un médecin de famille pour 85 pour cent des Québécois d'ici 2018, selon l'objectif du gouvernement, ne peut évidemment se faire en quelques semaines.

Mais malgré l'entente de l'été dernier entre la Fédération des médecins omnipraticiens et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour ajouter des médecins dans les cliniques, la situation ne semble guère s'améliorer dans les petites communautés en périphérie de Sherbrooke. Du moins dans certaines d'entre elles.

La réorganisation apparaît pour le moins laborieuse.

Le député de Mégantic à l'Assemblée nationale, Ghislain Bolduc, prend la chose très au sérieux et est en contact avec la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Le problème, dit-il, est connu depuis des mois et tous travaillent à le régler.

Même son de cloche au CIUSSS où la porte-parole Annie-André Émond affirme que la Direction régionale de médecine générale « travaille une solution ».

Mais à East Angus la population et son maire aimeraient bien avoir plus d'information et connaître la stratégie du CIUSSS pour attirer de nouveaux médecins chez eux et conserver leur clinique de santé.

Le projet de loi 20, adopté en novembre dernier, va changer les choses a promis le ministre Gaétan Barrette.

Dans cette vaste réorganisation des services de santé, la population demande que la priorité soit le service à la clientèle et que celle-ci soit desservie adéquatement.

Après tout, le système de santé est là pour soigner les gens, pas pour s'embourber dans la procédurite et les sempiternelles réformes dont les résultats ont été la plupart du temps décevants jusqu'ici.

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