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(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Après des années de vaches maigres, dues en bonne partie aux compressions budgétaires du gouvernement Couillard et à un contexte économique difficile, le monde culturel estrien a besoin d'une nouvelle impulsion et, surtout, de l'appui de l'ensemble des acteurs régionaux : le monde municipal, les gens d'affaires, le secteur touristique et le public.

Et il semble bien qu'à la suite des états généraux des arts et de la culture de l'Estrie, tenus hier à Sherbrooke à l'initiative du Conseil de la culture de l'Estrie, cette mobilisation soit maintenant acquise pour demander un financement adéquat et régulier de la culture régionale. Une première!

Mais le défi est de taille devant un gouvernement à la vision comptable qui, jusqu'ici du moins, ne semble guère se soucier de la vitalité culturelle des régions ni d'offrir aux artistes et aux créateurs les moyens de rejoindre davantage le public.

L'Estrie est toutefois confrontée à des enjeux qui lui sont propres, notamment au niveau du financement municipal des arts et de la culture, où elle se classe au 16e rang sur 17 régions.

De même, le soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec aux artistes et organismes est inférieur à la moyenne provinciale, de 4,33 $ par citoyen contre 9,60 $ en moyenne pour le Québec, selon les données du Conseil de la culture de l'Estrie.

Il ne nous appartient pas ici de déterminer pourquoi la région semble moins bien soutenue que d'autres, bien que des investissements importants aient été effectués dans les infrastructures ces dernières années.

Mais un meilleur financement est nécessaire, voire vital, pour assurer le rayonnement culturel de la région, ce qui implique nécessairement de donner aux artistes et aux créateurs les moyens de se produire.

« Ce qui est clair, c'est qu'on demande un financement équitable pour l'ensemble des régions. On sait qu'on est dans une période de changement, mais il faut rétablir le niveau de financement d'avant les compressions », dit Angèle Séguin, femme de théâtre et présidente des états généraux.

« On demande aux municipalités et aux MRC de fixer un pourcentage de leur budget pour la culture; on veut s'assurer que les artistes puissent travailler partout sur le territoire », ajoute-t-elle.

Paradoxalement, l'Estrie est une région prolifique dans le domaine des arts et de la culture, autant pour le nombre de lieux de diffusion et l'offre d'activités culturelles que pour le nombre d'artistes et d'organismes subventionnés en arts de la scène.

Le taux d'occupation des salles est toutefois moindre qu'ailleurs, en raison notamment du niveau élevé de l'offre, selon les constats du Conseil de la culture.

Il n'empêche, bon nombre d'artistes n'ont pas les moyens de se produire.

Les artistes ont bien sûr la responsabilité de se faire connaître, mais on ne peut demander à des personnes qui consacrent l'essentiel de leur temps à créer d'être en même temps des spécialistes de la mise en marché et des relations avec les médias.

Il est donc essentiel que le milieu les aide, qu'il s'agisse de soutien financier du monde municipal, d'une plus grande implication des gens d'affaires ou d'une mise en marché plus pointue de l'offre culturelle.

Malgré des moyens financiers somme toute limités, cela doit faire partie de la stratégie de développement régional.

Si on ne voit plus et si on n'entend plus les artistes, c'est l'âme de la région qui risque de s'éteindre.

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