Priorité nationale

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L'Université de Sherbrooke vient de lancer sa nouvelle campagne majeure de financement, sa sixième depuis sa création en 1958.

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<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / L'Université de Sherbrooke vient de lancer sa nouvelle campagne majeure de financement, sa sixième depuis sa création en 1958. D'avenirs et de passions, cette nouvelle sollicitation se distingue par son originalité en misant sur des projets concrets auxquels peuvent s'associer les donateurs.

La formule n'est pas nouvelle, mais Sherbrooke vient de lui donner un élan supplémentaire en l'orientant vers une cinquantaine de projets spécifiques. Des personnalités, nommées relayeurs, en feront aussi la promotion dans leur cercle d'influence.

Vice-recteur adjoint, Jacques Viens explique que cette orientation vise d'abord à répondre aux attentes des bienfaiteurs. «Les donateurs veulent faire une différence», affirme-t-il pour illustrer leur volonté de s'associer à une idée, à une entreprise particulière.

Les 50 projets identifiés, insiste-t-il, ont avant tout été retenus pour leur capacité à entraîner des retombées directes dans la société, soit améliorer le quotidien des citoyens. Tenus au courant de la progression des investissements, les contributeurs peuvent ainsi voir comment leur argent est utilisé. Belle façon aussi de les impliquer dans le suivi d'une réalisation.

La précédente campagne majeure de financement Ensemble avait rapporté 50M$ à l'Université de Sherbrooke. Selon Jacques Viens, cette somme a depuis été multipliée par dix en retombées de toutes sortes dans le milieu. Au moment d'effectuer un don, il est difficile d'en imaginer tous les impacts. D'ailleurs, convient le vice-recteur, la population qui a peut-être perdu de vue la mission première de l'Université, ne peut soupçonner les innombrables applications de la recherche. Médecins, ingénieurs, éducateurs et scientifiques, tous ces diplômés forgeront le monde de demain.

L'austérité budgétaire instaurée par le gouvernement de Philippe Couillard fait mal au secteur de l'éducation. Une récente étude réalisée par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec montrait déjà le sous-financement de nos institutions par rapport à celles des autres provinces. En l'espace de sept ans, l'écart du financement entre les universités québécoises et celles des autres provinces a doublé pour atteindre 850 M$ en 2010. À ce moment, ce manque à gagner représentait un montant de 4000$ pour chaque étudiant à temps complet. Le régime minceur imposé par l'administration Couillard n'a sûrement pas aidé à réduire cette différence. Est-il besoin de rappeler que Sherbrooke doit toujours trouver une façon de couper 3M$ pour équilibrer son présent budget?

Même si l'on doit dissocier le budget de fonctionnement de la campagne de financement, la situation milite en faveur d'un engagement accru de la collectivité envers son université. Bien implantée chez nos voisins anglophones, cette pratique gagne heureusement du terrain ici. Il reste pour le moins paradoxal d'avoir à souligner l'importance de soutenir son université quand l'exemple devrait d'abord venir de l'État.

La rectrice, Luce Samoisette, a bien raison d'affirmer que l'éducation doit être la priorité nationale. «L'éducation, a-t-elle répété, est un investissement dans la plus grande richesse du Québec, les femmes et les hommes qui façonneront son avenir.» Elle ne pouvait mieux dire.   

Que de chemin parcouru par l'Université de Sherbrooke en si peu de temps! Au cours de sa toute première campagne de financement, soit entre 1957 et 1959, celle-ci avait récolté 3,3M$ pour ériger ses premiers pavillons. Visionnaires, les fondateurs plaçaient cette campagne initiale sous l'inspirant thème L'éducation fait la nation. Consciente de cet héritage unique, la communauté sherbrookoise semble avoir conservé cet esprit intact. L'accent mis sur la connaissance, elle peut entrevoir l'avenir avec confiance.

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