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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / Les Canadiens et les organisations bénévoles ont été généreux jusqu'ici pour accueillir les réfugiés syriens, mais ils doivent consentir davantage d'efforts pour soutenir l'aide humanitaire destinée à leurs compatriotes demeurés au pays et vivant en zones de conflits.

Le Fonds de secours d'urgence pour la Syrie, lancé par le gouvernement fédéral en septembre dernier, prévoyait amasser 100 millions d'ici le 31 décembre, selon la formule du don de contrepartie en vertu de laquelle Ottawa verse une part égale des dons offerts par les Canadiens.

Or, une somme de seulement 12 millions $ a été recueillie jusqu'ici, ce qui est loin de l'objectif. Ottawa a donc décidé de prolonger la période de dons jusqu'à la fin de février.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la tiédeur des donateurs, notamment le fait que les Canadiens sont très sollicités pour différentes causes, tant locales, nationales qu'internationales.

De plus, beaucoup de citoyens ont donné temps, argent et meubles pour permettre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens et irakiens d'ici la fin de février au pays.

On peut également penser qu'après cinq ans, la crise syrienne a moins d'impact médiatique et psychologique qu'un désastre naturel comme celui qui s'est produit en Haïti en 2010, un pays qui, de surcroît, a beaucoup de liens avec le Canada et le Québec.

De nombreux réfugiés proviennent également de pays africains, du Pakistan et de Colombie, notamment, et il faut les aider.

Mais l'ampleur de la crise en Syrie dépasse l'entendement.

Depuis le début de la guerre civile en 2011 et l'entrée en scène du groupe État islamique (ÉI), plus de la moitié de la population du pays a dû fuir : 8 millions sont des déplacés intérieurs, tandis que 4,2 millions se sont réfugiés dans les pays limitrophes, notamment en Turquie, au Liban et en Jordanie, de même qu'en Europe. Sans compter 250 000 morts.

Près de 13 millions de Syriens auraient besoin d'aide humanitaire et certains vivent des situations extrêmes de malnutrition et de pénuries de médicaments.

Sur une base individuelle, les Canadiens peuvent faire davantage en sachant que chaque dollar qu'ils verseront à des organismes comme la Croix-Rouge, Médecins sans frontières ou Oxfam sera égalé par Ottawa.

De plus, les entreprises et les écoles peuvent amasser des fonds pour cette campagne.

« À la fin de février, les organismes nous feront rapport et là nous allons cibler un projet spécifique en Syrie avec les sommes recueillies », indique la ministre de la Coopération internationale et députée de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau.

Celle-ci rappelle du reste que ce n'est pas la première fois que les Canadiens sont sollicités dans le cadre d'un programme de dons de contrepartie du gouvernement fédéral.

À la suite du tremblement de terre en Haïti, en janvier 2010, ils avaient versé 220 millions $ en aide humanitaire à ce pays. En tout, Ottawa avait donné plus de 850 millions $ à ce pays en aide humanitaire, accès aux soins de santé, reconstruction et alimentation scolaire.

Depuis 2012, le Canada s'est engagé à verser 653 millions $ en aide humanitaire pour la Syrie.

Les Canadiens font chaque année pour plus de huit milliards $ de dons de charité.

Individuellement, on peut donc faire plus pour les victimes du conflit en Syrie.

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