L'Arabie en faute

En Irak, des manifestants tentent de mettre le... (The Associated Press, Karim Kadim)

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En Irak, des manifestants tentent de mettre le feu à des affiches du prince héritier saoudien Mohammed bin Nayef en réaction aux exécutions du début d'année.

The Associated Press, Karim Kadim

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<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

Le Quotidien

(Sherbrooke) Éditorial / Aux premières heures de 2016, l'Arabie saoudite a exécuté 47 personnes, dont un important chef chiite. Cette mise à mort sauvage - certains condamnés ayant été décapités et leurs corps suspendus à des gibets en public - a soulevé l'indignation à travers le monde.

Le régime monarchique saoudien, celui qui emprisonne Raif Badawi, prouve une fois de plus son intolérance envers toute forme de contestation, la plus minime soit-elle. La peine de mort a été imposée à 151 personnes en Arabie saoudite l'an dernier, un triste record.

Si 43 condamnés exécutés étaient des djihadistes, principalement des membres de l'organisation terroriste d'Al-Qaïda, le leader chiite offrait une opposition politique au régime saoudien. Amnistie internationale considère d'ailleurs que Riyad utilise les exécutions pour régler des comptes politiques sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Un responsable d'un important parti politique en Irak y voit pour sa part un service rendu au groupe armé État islamique qui s'appuie sur les guerres interconfessionnelles.

L'année 2016 s'amorce donc sur une note de cruauté qui n'augure rien de bon pour les 12 prochains mois. L'éradication de l'État islamique va nécessiter des efforts considérables. La répétition d'actes terroristes en occident comme à Paris en novembre dernier est malheureusement à craindre. Le dernier geste de l'Arabie saoudite ne vient que jeter de l'huile sur un feu que la communauté internationale tente de circonscrire.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada s'est officiellement dit « déçu » par la décision saoudienne. Le ministre Stéphane Dion devra se montrer beaucoup plus critique envers ce régime moyenâgeux. La Tribune a déjà noté la quasi-complaisance du nouveau ministre envers cette administration dans le dossier de Raif Badawi. Est-il besoin de rappeler que Stéphane Dion était particulièrement virulent pour dénoncer l'inaction du gouvernement Harper dans cette

affaire du temps où il se trouvait sur les banquettes de l'opposition?

Le gouvernement de Justin Trudeau et son ministre des Affaires étrangères doivent maintenant faire preuve de fermeté et exiger la libération de cet homme, même s'il n'a pas la citoyenneté canadienne. Un peu de courage, bon sang! Inspirez-vous du combat de l'ancien premier ministre Brian Mulroney qui défiait le Commonwealth et Margaret Thatcher pour réclamer la libération de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Le seul crime de Raif Badawi est d'avoir exprimé une opinion discordante envers un régime corrompu et sanguinaire.

Il pourrait y avoir pire. De récents propos du meneur à l'investiture républicaine sont repris par un groupe extrémiste d'Afrique de l'Est pour recruter des Américains. Dans la foulée de la tuerie de San Bernardino en Californie, Donald Trump a en effet déclaré qu'il voulait interdire totalement l'entrée des musulmans aux États-Unis. La vidéo de Trump est diffusée par le groupe Al-Shabab affilié à Al-Quaïda afin de prouver l'existence du racisme institutionnel et de la ségrégation religieuse aux États-Unis.

Les primaires américaines commenceront bientôt chez nos voisins. Donald Trump a jusqu'ici prouvé qu'il pouvait susciter l'intérêt des électeurs en s'appuyant sur une idéologie populiste qui prétend régler tous les problèmes en claquant des doigts. En cette année d'élections, souhaitons vivement que nos amis américains sauront résister aux mirages de la pensée magique.

Nez rouge

Les 2812 bénévoles de l'Opération Nez rouge ont effectué 5700 raccompagnements dans la grande région de Sherbrooke, 200 de plus que l'an dernier. Il convient ici de souligner ce dévouement qui contribue à rendre nos routes plus sécuritaires en ces temps de réjouissances.

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