Un acteur important de l'UdeS s'éteint

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Le professeur Jean-François Malherbe est décédé le 14 décembre en Suisse, à la suite d'une crise cardiaque, à l'âge de 65 ans. Il a été un acteur important de notre Université de Sherbrooke.

Né à Bruxelles en 1950, formé en philosophie et en théologie, il a enseigné à Louvain, et a publié plusieurs études sur des thèmes d'éthique, surtout dans le domaine de la santé.

Jean-François Malherbe est arrivé à la faculté de théologie de l'Université de Sherbrooke en 1992, avec la mission d'y développer l'éthique. Deux ans après, il est choisi pour diriger la faculté et est le premier laïc à prendre le poste de doyen de cette faculté jusqu'alors dirigée par des prêtres.

Son leadership s'est concrétisé notamment par la création d'une chaire en éthique appliquée et des programmes de formation dispensés ici et en Europe. Depuis quelques années, le professeur Malherbe occupait un poste de professeur de philosophie morale au département de lettres et philosophie de l'Université de Trento, en Italie.

Le professeur Malherbe possédait un cerveau en constante ébullition. Autant il exprime facilement sa propre pensée et laisse la pensée traverser son esprit, autant il se soucie de piloter une démarche socratique avec ses interlocuteurs, les entraînant dans le mouvement d'une maïeutique qui aide l'autre à accoucher de sa propre pensée. En même temps, le pédagogue Malherbe provoque constamment la réflexion au-delà de la tranquille satisfaction du déjà-connu, et libère le potentiel d'énergie intellectuelle et psychique des gens avec qui il partage une interminable quête de sens.

Malherbe est un héritier de multiples penseurs fréquentés comme de bons amis, aussi bien ceux des siècles lointains que les contemporains. Voyageur de la pensée, explorant les multiples pays de l'aventure philosophique et théologique, il est un voyageur de l'ailleurs. Le nomade polyglotte pourrait être nommé le spécialiste d'une nouvelle démarche intellectuelle qui se nommerait l'ailleurologie... Cet impitoyable chercheur de sens, cet intellectuel sans frontières, toujours insatisfait et prêt à chercher encore, a beaucoup contribué à une culture, sinon un culte, de la pensée ouverte.

Je fus son vice-doyen, puis son doyen, avant de devenir vice-recteur à la communauté universitaire. Son départ soudain m'attriste, mais je suis heureux d'avoir été complice de ses audaces souvent déstabilisantes. Bon voyage au pays de l'essentiel.

Jean Desclos

Professeur associé

Université de Sherbrooke

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