Ils veulent travailler

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Comme la plupart de ses compatriotes le souhaitent, le coiffeur d'origine syrienne Saïd a pu reprendre à Sherbrooke le métier qu'il pratiquait avant d'immigrer ici.

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<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / Pendant que les célébrations des fêtes battent leur plein et que les discussions tournent autour d'un hiver capricieux, les réfugiés syriens font peu à peu leur arrivée. L'Église syriaque orthodoxe Saint-Éphrem de Sherbrooke est parmi les premières à les accueillir. Le Canada recevra ainsi 25 000 personnes en quelques mois dans l'une de ses plus gigantesques opérations de secours humanitaires. Ces immigrants ne demandent qu'à vivre en paix et à contribuer au développement de leur terre d'accueil.

Au fil des conversations entendues ces dernières semaines, la crainte des étrangers provenant de pays arabes et musulmans ressort clairement. Cette crainte est-elle justifiée? Pas vraiment. Comme toutes les craintes, celle-ci trouve son origine dans l'ignorance. L'homme craint ce qu'il ne connaît pas.

À Sherbrooke, bon nombre de réfugiés syriens passeront par l'Église syriaque orthodoxe Saint-Éphrem. Comme le mentionnait Dominic Haddad, il s'agit de chrétiens qui ont pour seule différence de relever d'un patriarche et non d'un pape. Du pareil au même, donc rien à redouter de dangereux islamistes radicaux.

Restaurateur à Sherbrooke, un autre Haddad, Calile celui-là, invite les gens d'affaires à offrir des emplois aux réfugiés. Avec raison, il croit que l'emploi demeure le facteur d'intégration le plus efficace dans une société. Les immigrants désirent passer rapidement à l'action dans un pays qui leur offre l'opportunité d'exprimer leurs talents.

«Ils sont prêts à faire n'importe quoi», témoigne Calile, donnant l'exemple d'un professeur d'histoire devenu laveur de vaisselle. Pour la plupart professionnels, ingénieurs, médecins et autres, ils gagnaient bien leur vie avant la guerre.

Journaliste à La Presse et d'origine syrienne, Rima Elkouri rapportait aussi l'exemple de Saïd. Coiffeur dans son pays et arrivé à Sherbrooke il y a un an, il coiffe de nouveau avec le plus grand bonheur, mais en français. La journaliste a également rencontré Razouk, un menuisier de 45 ans, père de deux enfants. Celui-ci est particulièrement fier de pouvoir nourrir sa famille à nouveau par le fruit de son travail. «Je suis habitué de travailler, pas de rester assis à la maison» lui a-t-il confié dans un français respectable.

Disons-le clairement, les réfugiés syriens ne viennent pas ici pour profiter de notre généreux système. Ils ne le connaissaient probablement pas avant leur arrivée, ayant peut-être même de la difficulté à s'imaginer qu'un gouvernement peut être au service de la population et non le contraire.

Avant la guerre, les Syriens jouissaient également d'un excellent système d'éducation. Ils sont aussi artisans, commerçants, charpentiers, électriciens ou autres. Ils ne voleront pas l'emploi de Québécois, mais prendront simplement leur place. Ils occuperont bien souvent des tâches sur lesquelles bon nombre lèvent le nez.

À commencer par Alain Haddad, pharmacien à Sherbrooke, les Syriens ont apporté une solide contribution à la société québécoise. Mentionnons aussi Salim Rassi, fondateur des magasins Rossy qui donneront naissance à l'enseigne Dollarama. Sans un autre Syrien parmi les plus connus dans le monde, René Angélil, Céline Dion n'aurait sans doute pas connu une carrière internationale.

Ceux que nous accueillerons au cours des prochaines semaines sont animés du même désir de voir leurs enfants s'épanouir et vivre heureux. Comme le disait si bien Daniel Pinard à Tout le monde en parle, «quand un pays vote Non à son indépendance deux fois, qu'il ne se reproduit pas, qu'il compte sur les immigrants pour le remplacer, le moins qu'il puisse faire, c'est leur faire de la place».

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