Les nouvelles guerres

ÉDITORIAL / La Syrie, l'Irak, la région du lac Tchad, le Liban, le Mali, Paris... (Associated Press)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La Syrie, l'Irak, la région du lac Tchad, le Liban, le Mali, Paris et San Bernardino : l'année 2015 se termine sur un constat très amer, celui de la prolifération du terrorisme motivé par l'islam radical, qui a engendré une violence inouïe et une crise de migrants sans précédent en Occident.

Le conflit en Syrie entre les différents groupes d'insurgés, le groupe État islamique (EI) et le gouvernement du despote Bachar el-Assad est le plus horrible avec plus de 250 000 morts depuis 2011, 7,6 millions de déplacés intérieurs et plus de 4 millions d'exilés, dont un million ont échoué en Europe cette année.

Ces « nouvelles guerres » ethno-religieuses répandent aussi la terreur dans plusieurs pays d'Afrique, notamment au Cameroun, au Niger, au Nigeria et au Tchad, où la secte islamiste Boko Haram a multiplié les attentats contre les forces de l'ordre, les militaires et les civils, provoquant là aussi des déplacements de population, la désertion des établissements scolaires et un afflux de réfugiés.

Le Liban, pourtant en proie à la déstabilisation et à la violence depuis des années, a lui aussi été rejoint par la guerre en Syrie lorsque le groupe EI a frappé à la mi-novembre à Beyrouth, causant la mort de 43 personnes.

Les attaques terroristes islamistes contre le journal satirique Charlie Hebdo, à Paris en janvier dernier, puis contre la salle de spectacle du Bataclan, en novembre, tout comme la fusillade du 2 décembre à San Bernardino, en Californie, perpétrée par deux sympathisants de l'EI, démontrent malheureusement que les pays occidentaux ne sont plus à l'abri de l'islamisme radical.

L'émergence de groupes armés radicaux comme Boko Haram et l'État islamique repose à la fois sur un fanatisme prétendument religieux, une haine de l'Occident et des États déstructurés.

Devant les injustices sociales, l'absence de projet de société et des régimes violents et corrompus, l'islamisme radical apparaît comme un refuge pour les jeunes désoeuvrés, qui y voient un moyen de rétablir la justice sociale et de réformer la politique, même au prix d'une intolérance et d'une violence extrêmes.

Comment venir à bout de ces groupes? La solution n'est pas que militaire puisque les bombardements et, éventuellement, une intervention sur le terrain, pourraient pousser les groupes radicaux à intensifier leurs actions et même leur permettre d'accroître leur influence.

La solution doit aussi être politique et sociale.

Parallèlement, l'Occident doit résister à la peur, lutter contre l'intolérance, affirmer la primauté du droit, mais aussi aider ces pays déchirés.

« Ce que l'histoire nous apprend, c'est que la solution ne peut être que militaire, mais avant de parler d'une forme de gouvernement il faut un certain niveau d'ordre pour qu'un État ait la capacité de faire respecter les lois et d'assurer la sécurité des citoyens sur l'ensemble de son territoire », explique Rémi Landry, professeur associé à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

« Ces pays-là n'ont pas ce qu'il faut, il faut les aider, mais les missions de paix sont de plus en plus complexes; imposer la paix, procéder au désarmement et préparer des élections prend du temps, on a un exemple avec l'Afghanistan », dit-il.

Et 2016?

Pour le professeur Landry, qui a mené une carrière militaire de 34 ans, il faut miser sur « une plus grande concertation, il faut réaliser que c'est la sécurité de l'ensemble de la planète qui est en jeu. On le voit avec la crise des réfugiés; la meilleure façon d'aider ces gens-là c'est de leur donner un pays viable ».

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