La faute des autres

Bernard Sévigny... (Archives, La Tribune)

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Bernard Sévigny

Archives, La Tribune

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Il n'y a pas grand-chose qui est la faute de Bernard Sévigny de nos jours. En effet, le maire de Sherbrooke offrait encore, lundi à l'hôtel de ville, un spectacle désolant de déresponsabilisation face la situation budgétaire de Sherbrooke.

À la barre de l'administration municipale depuis maintenant six ans, il semble qu'il soit encore surpris par tout ce qui lui tombe dessus. Rien n'est sa faute, il n'est au fond qu'une victime.

Victime des « pressions » sur le budget municipal, une formule qu'il nous sert depuis deux ans. Victime du pacte fiscal qu'il a signé rapidement, avec ses collègues de l'Union des municipalités du Québec, et qu'il blâme maintenant.

Victime d'une baisse de revenus d'Hydro-Sherbrooke alors qu'il disait lui-même, du temps qu'il était conseiller, qu'il fallait que la Ville cesse de compter sur les revenus de la société d'électricité. Qu'a-t-il fait depuis six ans pour réduire notre dépendance?

Ah oui, et c'est évidemment la faute des employés municipaux!

Depuis quelques années, M. Sévigny et quelques conseillers à la mémoire courte se plaignent des salaires de leurs employés en laissant presque entendre que les salaires en question ont en quelque sorte été attribués par une force occulte sur laquelle ils n'ont pas de contrôle. Les régimes de retraite des employés, leurs salaires, leurs conditions de travail, tout ça seraient le produit d'un processus mystérieux et injuste dont ils peinent à expliquer la mécanique.

Mais qui donc siégeait au comité des régimes de retraite (...)? Qui a négocié ces conventions collectives (...)?

(...). Le conseil municipal n'est pas composé des derniers venus et M. Sévigny lui-même y siège depuis plus de dix ans. Comment peuvent-ils se dispenser ainsi d'explications et voter pour un budget, tout en se disant « frustrés »?

À cette esquive malhabile de ses responsabilités, le maire Sévigny ajoute l'affront cynique du populisme. (...) Il nous annonce une hausse de taxe (2,7 %) doublée d'une surtaxe d'asphalte (2 %). (...) Avec une administration qui cherche à nous faire accepter une hausse en lui accolant une étiquette qui serait censée nous réjouir. De l'asphalte? Vraiment?

Évidemment, qu'elles soient nécessaires ou non, ces dépenses extraordinaires en bitume auront l'avantage indéniable (...) de permettre au maire, à l'aube d'une campagne électorale, de vanter ces « investissements » faits sur le dos des contribuables. Des contribuables qui, espérons-le, n'auront pas la mémoire aussi courte que leurs dirigeants.

Claude Dostie Jr, 

Sherbrooke

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