Et la capacité de payer?

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le maire Bernard Sévigny avait prévenu les contribuables sherbrookois que la hausse des taxes municipales pour 2016 serait supérieure au taux d'inflation, de 1,4 pour cent cette année.

Eh bien, ils seront servis avec une augmentation moyenne de 4,77pour cent, ce qui est largement supérieur à ce que l'on observe cette année dans d'autres villes de taille moyenne comme Drummondville (1,5 pour cent) ou Trois-Rivières (1,02 pour cent).

Il est vrai qu'en moyenne depuis 2010, Sherbrooke a fait relativement bonne figure en comparaison avec Saguenay, Gatineau ou Lévis, par exemple.

Mais il n'empêche que pour les contribuables sherbrookois il s'agit de la hausse la plus importante des cinq dernières années, ce qui soulève une fois de plus la question du contrôle des dépenses dans la capitale de l'Estrie.

Les villes québécoises ont peu de marge de manoeuvre en raison des généreuses conditions salariales des employés municipaux, dument négociées toutefois, des déficits des caisses de retraite et du pacte fiscal avec le gouvernement du Québec qui les privera de 300millions $ par année en échange de pouvoirs accrus dans leurs négociations avec leurs employés.

Sherbrooke a ainsi perdu 5,2millions $ cette année, ce qui s'ajoutera à une baisse en 2016 de la contribution d'Hydro-Sherbrooke aux dépenses de fonctionnement en raison des tarifs d'approvisionnement plus élevés d'Hydro-Québec.

La Ville est aussi liée par les conventions collectives de ses employés, dont la masse salariale augmentera de 3 pour cent en 2016, et les intérêts sur les emprunts pour renflouer le déficit des caisses de retraite, une somme de 11 millions $.

Ce budget de 282,7 millions $ se veut un compromis entre contrôle des dépenses et développement, dit le maire Bernard Sévigny.

Les investissements en infrastructures de 79 millions $ en 2016 sont pour la plupart incontournables, qu'il s'agisse de la réfection des rues, du réseau d'aqueduc et d'égouts, du projet du boulevard René-Lévesque, des parcs ou des infrastructures hydro-électriques.

Et, sans le désavouer, l'administration municipale reporte « pour discussion en 2017 » le projet « Parcours » de Destination Sherbrooke, un investissement de 25,4 millions $ d'ici 2021 pour un réseau de parcs nature et un spectacle multimédia au lac des Nations.

Dans le contexte budgétaire actuel, on ne pouvait s'attendre à autre chose et il faut se demander si, de toute manière, la Ville aura un jour les moyens de le concrétiser.

Malgré tous ses efforts, la hausse globale des dépenses en 2016, 2,8pour cent, est supérieure à celle de 2015 (2,4 pour cent) et de 2014 (1,2 pour cent).

Les données de Ville indiquent également que de 2002 à 2014 la population a augmenté de 14 pour cent alors que les effectifs permanents et temporaires ont progressé de 46 pour cent et que les dépenses ont crû de 70 pour cent.

Le Plan d'optimisation 2015-2017, qui prévoit des coupes budgétaires de 11 millions $ d'ici la fin de 2017, aurait permis jusqu'ici l'abolition de l'équivalent de 42 postes et une économie récurrente de plus de 3 millions $.

Un résultat somme toute mince de la part d'une administration municipale en place depuis six ans.

Car la capacité de payer des contribuables a atteint ses limites.

Aux hausses des taxes municipales ces dernières années s'ajoutent celles de la taxe scolaire, 20 pour cent en 2013 en raison de l'abolition de la péréquation, 5 pour cent en 2014 et 5 pour cent en 2015.

Sans compter les augmentations de tarifs, dont ceux de l'électricité.

Alors, à quand un vrai répit pour les contribuables sherbrookois?

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