Halte au gaspillage

Éditorial / Vendredi, les bénévoles de la Fondation... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

(Sherbrooke) Éditorial / Vendredi, les bénévoles de la Fondation Rock-Guertin ont de nouveau réussi l'impensable. Le coeur prêt à fendre et les yeux mouillés, ils ont sillonné les rues sans relâche pour livrer des victuailles aux plus démunis. Ce simple geste de générosité permettra à bien des familles de célébrer Noël dans la joie et le ventre plein. Il doit être bien difficile de se réjouir quand la faim vous tenaille.

Les lettres reçues par la Fondation témoignent toujours d'une effroyable misère. « J'ai vraiment besoin », écrivait cette grand-maman « malade et sur l'aide sociale » qui prend soin de ses petits-enfants, le père se trouvant derrière les barreaux. Dur constat, la situation des moins fortunés ne cesse de se détériorer d'année en année et rien n'indique qu'il en sera autrement à l'avenir. Les politiciens ne courtisent que les électeurs de la classe moyenne, laissant les plus pauvres dans l'oubli.

Selon une récente étude de l'Institut Fraser, les Québécois se retrouvent parmi les moins généreux au pays. À partir des déclarations de revenus 2013, l'Institut révèle que le Québec arrive au dernier rang avec 735 $ versés en dons à des oeuvres de charité, soit moins de la moitié des 1574 $ de la moyenne nationale.

Ces chiffres traduisent mal la réalité. Quand vient le temps d'aider, Québécois et Sherbrookois sont toujours là. Devrait-on planifier davantage notre aide et profiter d'un remboursement d'impôts? Peut-être. Reste que la contribution directe à une sollicitation du moment semble animer davantage la population. Plusieurs donneront volontiers à une cause qui les touche plutôt que d'inscrire un don dans une déclaration de revenus. Avant d'être une affaire de calcul, le don vient du coeur et ne pourra jamais être totalement comptabilisé.

Récemment, nous apprenions que Moisson Estrie ne peut récupérer tous les aliments qui lui sont donnés par les supermarchés d'alimentation. Faute d'espace réfrigéré suffisant pour entreposer cette nourriture, cette banque alimentaire doit limiter son action. S'il y avait une nouvelle campagne de sollicitation à lancer en 2016, c'est bien pour doter Moisson Estrie d'un entrepôt réfrigéré assez grand pour recueillir tous les aliments offerts.

Le Québec pourrait aussi s'inspirer de la France en matière de récupération des aliments. Dès le 13 janvier prochain, les supermarchés d'alimentation y auront l'obligation de céder les denrées périssables invendues à l'association caritative de leur choix. Sous peine d'une amende de 5000 $ à la première infraction, les épiciers ne pourront plus jeter leurs invendus à la poubelle et les asperger d'eau de javel pour les rendre impropres à la consommation. L'idée de redistribuer ces denrées alimentaires vient d'un simple conseiller municipal dans un quartier de Paris.  

Pendant que 800 millions d'êtres humains crèvent de faim dans le monde, le tiers de la nourriture produite sur la planète se retrouve à la poubelle. Au Canada, 40 % des aliments sont ainsi jetés. Dommage collatéral, ce gaspillage alimentaire arrive au 3e rang mondial pour l'émission de gaz à effet de serre, derrière la Chine et les États-Unis.

Par ces Paniers de l'espoir, les Sherbrookois prouvent une fois de plus qu'ils ont le coeur sur la main et qu'ils ne laisseront jamais tomber quelqu'un. Comme la faim ne se limite pas qu'à la période de Noël, les banques alimentaires doivent prendre le relais pour le reste de l'année. Il importe aujourd'hui de prendre les dispositions pour mettre fin au gaspillage alimentaire afin de les aider à remplir leur mission.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer