Fin de l'austérité?

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / L'entente de principe conclue entre le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, et le front commun intersyndical, qui comporteraient des hausses salariales de 9 à 10 pour cent sur cinq ans et feraient passer l'âge de la retraite de 60 à 61 ans, marque-t-elle un virage pour le gouvernement Couillard et la fin de l'austérité?

Petit retour en arrière : il y a quelques semaines à peine, l'affrontement semblait inévitable entre les employés de l'État et le gouvernement du Québec.

Ce dernier offrait 3,5 pour cent d'augmentation salariale sur cinq ans tandis que les syndicats réclamaient 13,5 pour cent. On évoquait même une loi spéciale pour mettre fin aux grèves tournantes en éducation, en santé et dans les services sociaux.

Alors, que s'est-il passé? Le gouvernement a-t-il recouvré la marge de manoeuvre qui lui manquait?

Pourra-t-il respecter son cadre budgétaire puisque ces augmentations pourraient représenter des dépenses de quelques milliards $ de plus au cours des prochaines années?

Ou est-ce le fait que le gouvernement Couillard arrivera bientôt à mi-mandat et souhaite se montrer sous un nouveau jour?

L'entente de principe à laquelle en sont arrivés M. Coiteux et le front commun intersyndical constitue certes une bonne nouvelle à quelques jours de la fin de l'année 2015.

Le gouvernement du Québec achète ainsi la paix syndicale (et sociale), en plus de mettre fin aux moyens de pression des syndiqués qui pénalisaient la population et surtout les parents d'enfants inscrits au primaire et au secondaire.

Toutefois, en faisant aux employés de l'État une offre somme toute généreuse dans le contexte économique actuel, le gouvernement Couillard pourra difficilement imposer de nouvelles compressions en éducation, en santé ou encore dans le réseau des Centres de la petite enfance (CPE).

Parallèlement, l'injection de 20 millions $ en 2015-2016 et de 80 millions $ en 2016-2017 annoncée récemment par le ministre de l'Éducation, François Blais, pour l'embauche de nouveaux enseignants et de professionnels pour les élèves en difficulté, n'a pas fait oublier les compressions des dernières années en éducation, évaluées à près d'un milliard $ par la Centrale des syndicats du Québec.

Et que dire des régions qui ont perdu les Conférences régionales des élus et les Centres locaux de développement, de même que les Fonds de soutien aux territoires en difficulté?

Alors qu'il maintenait jusqu'à il y a peu la ligne dure et affirmait qu'il n'avait pas de marge de manoeuvre, le gouvernement du Québec semble envoyer le message que les temps difficiles achèvent. Du moins pour ce qui est des employés des secteurs publics et parapublics.

Cela s'ajoute aux 416 millions $ versés en trop aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes pour lesquels il n'entend pas demander de remboursement.

Après avoir imposé des mesures budgétaires très rigoureuses depuis son élection, en avril 2014, le gouvernement Couillard a engrangé un surplus de 1,7 milliard $ pour les six premiers mois de l'exercice financier qui se termine le 31 mars prochain, année où il visait le déficit zéro.

Il est donc nettement en avance sur ses prévisions et devrait logiquement réinvestir dans les services publics.

Dans l'intervalle, souhaitons que les syndiqués de l'État approuvent l'entente de principe au nom de la paix sociale et des services à la population, tout en étant conscients que la plupart des travailleurs du secteur privé n'osent même pas rêver aux offres qui leur ont été consenties.

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