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Un manque de respect envers les groupes de défense des droits

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Sam Hamad, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale

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Monsieur Sam Hamad,
Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale

Nous aimerions réagir à vos propos concernant les groupes de défense collective des droits (DCD) et pour vous faire part de notre déception.

Nous avons lancé une pétition et nous avons obtenu l'appui de milliers de personnes en peu de temps, ce qui témoigne de l'appréciation et de la confiance de la population pour notre travail, notre expertise et la mission respective des 23 groupes en DCD de l'Estrie. Celle-ci a été déposée le 6 octobre 2015 et vous avez adressé une lettre à M. Jean-Marc Fournier, leader parlementaire, dans laquelle vous dites avoir pris connaissance de la pétition déposée par la députée de Richmond, Karine Vallières. Vous mentionnez à la fin de cette lettre «...le gouvernement continuera de poser des gestes structurants au cours des prochaines années afin de répondre à ses engagements et de revoir les façons de faire dans une perspective d'optimisation des ressources et des moyens disponibles». Cela nous questionne sur vos intentions réelles.

Dernièrement, nous avons eu la confirmation d'un protocole pour trois ans, mais vous avez complètement ignoré nos demandes financières pourtant essentielles pour nous permettre de continuer notre travail. Notre situation est intenable... En faire plus avec moins, voilà notre dilemme, car, voyez-vous, votre acharnement à tout réduire au nom de l'austérité, pardon, au nom de la réduction des dépenses, fait en sorte que la détresse et les besoins de la population augmentent continuellement et que nous sommes encore plus sollicités.

Le refus de nous augmenter ou de nous indexer nous appauvrit d'année en année. Nous coupons dans le personnel, réduisons les semaines de travail et les heures de bureau, ne pouvons plus participer à des comités de travail, colloques, formations, mobilisations à cause des coûts. Sans augmentation, vous nous condamnez à fermer nos portes de plus en plus souvent ou, pire encore, définitivement. Et ce seront les groupes en défense collective qui devront porter l'odieux de cette décision.

Vous avez aussi mentionné que le gouvernement a beaucoup investi dans le milieu communautaire. Il est important de remettre les pendules à l'heure. Le gouvernement a investi pour permettre à des groupes en DCD d'atteindre un seuil de financement minimum de 30000 $ et à de nouveaux groupes de recevoir du financement, mais la grande majorité des groupes n'a reçu aucune augmentation.

En Estrie, la moyenne du financement annuelle est de 48000 $. Les groupes en DCD sont les parents pauvres du communautaire depuis toujours et ça continuera. Nous sommes les groupes et regroupements qui reçoivent le moins en action communautaire autonome, ce qui est une situation inéquitable. Tous les groupes en DCD souffrent d'un sous-financement chronique, mais nous avons une particularité estrienne. En effet, la plupart des groupes en défense collective des droits ne reçoivent pas d'argent de Centraide, ce qui n'est pas le cas des groupes dans plusieurs villes du Québec. Cette particularité a pour conséquence que notre principal et unique bailleur de fonds est le SACAIS (Secrétariat à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales).

Par simple logique et sans être un grand comptable, dîtes-nous ce que nous devons faire pour fonctionner avec le même montant après 14 ans, sauf un maigre 1% en 2007 qui représente entre 500 $ et 750 $ pour les groupes. Ce montant a été suivi par une nouvelle obligation de vous remettre des états financiers approuvés par une firme comptable, ce qui représente des frais de plus de 2000 $, donc une dépense supplémentaire.

Depuis plusieurs années, toutes les raisons sont bonnes pour refuser de répondre positivement à nos demandes légitimes. Comme ce n'est pas le bon moment, nous sommes en période d'austérité, de déficit zéro, etc., et finalement, vous devriez vous réjouir d'avoir eu un protocole. Le refus du gouvernement de nous augmenter depuis 2001 nous démontre le peu de reconnaissance, de respect et d'égard à notre endroit.

Manon Brunelle et Line Marcoux,

Pour le caucus régional estrien composé de la TACAE, CAFE, TROVEPE, Illusion Emploi, Collectif libre choix, Promotion Handicap, CTTAE, SPE

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