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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / Soixante jours après l'élection des libéraux de Justin Trudeau, il est difficile de dresser un premier bilan de ce gouvernement sinon de constater qu'en moins de deux mois il est parvenu à projeter une image de renouveau tant sur la scène internationale qu'au plan intérieur.

Pendant que les conservateurs préparent l'après-Harper et que les néo-démocrates se remettent lentement de leur défaite du 19 octobre, il faut reconnaître les bons coups de Justin Trudeau, bien que la lune de miel avec les Canadiens ne sera pas éternelle.

Porté par son image de jeune premier, Justin Trudeau a fait une entrée remarquée sur la scène internationale en participant à pas moins de quatre sommets en quelques semaines, le G20, l'APEC, la rencontre des pays du Commonwealth et la conférence de Paris sur le climat.

Sans compter sa photo dans le magazine Vogue avec son épouse Sophie Grégoire, l'accueil très médiatisé de premiers réfugiés syriens à l'aéroport Pearson de Toronto et son invitation à un dîner d'État à la Maison-Blanche, en mars prochain, une première pour un premier ministre canadien en 19 ans.

Plusieurs reprochent, parfois avec raison, au premier ministre Trudeau de trop jouer sur l'image et les symboles, au détriment du contenu.

Mais au-delà du « branding » Trudeau, le nouveau gouvernement a tout de même posé des gestes concrets.

Lors de la Conférence de Paris sur le climat, la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a marqué un changement de ton radical de la part du Canada, qui veut désormais participer activement aux efforts de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au lieu de mettre des bâtons dans les roues comme le précédent gouvernement conservateur.

Parallèlement, le gouvernement Trudeau a annoncé au début du mois la tenue d'une enquête publique sur les quelque 1200 femmes autochtones disparues ou assassinées au pays depuis 1980, comme le réclamaient les communautés autochtones, et a réitéré sa promesse de mettre en oeuvre les recommandations formulées par la Commission de vérité et réconciliation.

Il a aussi tenu promesse d'abaisser les impôts pour la classe moyenne.

Autre bonne note pour l'accueil de 10 000 réfugiés syriens et irakiens d'ici le 1er janvier 2016 et de 15 000 autres d'ici la fin de février, un dossier difficile que le ministre de l'Immigration, John McCallum, a mené avec transparence et efficacité.

Justin Trudeau a aussi promis de mettre fin à la culture du secret et au muselage des scientifiques.

L'avenir dira s'il tiendra parole, mais cela tranche nettement avec le discours arrogant et réactionnaire des conservateurs de Stephen Harper.

L'année 2016 permettra également de voir si les libéraux tiendront leur promesse de rétablir à 15 pour cent le crédit d'impôt fédéral accordé aux épargnants qui investissent dans les fonds de travailleurs.

Idem pour le maintien de la livraison du courrier à domicile : M. Trudeau s'était engagé à stopper le démantèlent de ce service amorcé par les conservateurs. On attend donc une décision en ce sens.

Les attentes sont également très élevées dans la lutte aux inégalités, le logement social et le plan de réduction des émissions des GES, qui devra être réalisé avec les provinces.

Justin Trudeau a placé la barre haut en campagne électorale.

Il devra trouver les moyens de livrer la marchandise dans un contexte budgétaire très serré où le cadre financier du PLC prévoit un déficit de 10 milliards $ au cours des deux prochains exercices financiers et un retour à l'équilibre budgétaire en 2019-2020.

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