Les demandes au père Noël d'un vieil agriculteur

Bien que je n'aie pas ta longévité, père Noël, et que ma barbe soit aussi... (Archives, La Tribune)

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Bien que je n'aie pas ta longévité, père Noël, et que ma barbe soit aussi blanche que la tienne, je me permets ici de te tutoyer, moi, agriculteur de métier.

Étant donné que tu te nourris au pays des bonnes fées, tu ne sais peut-être pas qu'ici, au Québec, le panier d'épicerie commence à coûter la peau des fesses. Cela est dû, en partie, à un manque de production locale. Et, si locale, bien souvent à un coût trop élevé pour que vive décemment l'exploitant agricole. Climat froid, machinerie importée, coût des terres et exigences environnementales sont des causes difficiles à contourner.

Comme cadeau, j'aimerais que tu fasses prendre conscience à notre union syndicale (UPA) qu'il serait temps de défendre le revenu des producteurs agricoles, et cela dans toutes les productions. Car, si les revenus sont là, la production y sera. (...).

Mon deuxième voeu, ce serait d'avoir au Québec, pour nous représenter, un ministre de l'Agriculture se sentant capable de mettre les bottines de travail pour mettre en place des politiques de mises en marché, de revenus garantis, de protection de terres agricoles destinées à la ferme familiale, tout en faisant une place à la relève. Mais, sans vouloir être rabat-joie en ces jours où chacun se souhaite santé et bonheur, l'on a encore comme cette impression d'avoir un ministre qui dort seul au « Paradis », entouré de chiens et de chats bien gardés.

Mais mon plus grand désir, cher père Noël, serait de voir nos gouvernements réaliser que le développement de l'agriculture, sous toutes ses formes, s'avère un projet rentable pour tout un chacun : occupation du territoire, survie des villages et des régions, multitudes d'emplois créés directs et indirects, tout en assurant à la population une nourriture saine, variée et accessible. Nous avons la terre, nous avons l'eau (denrée de plus en plus rare dans certains pays producteurs), et nous avons l'électricité. Il ne manque qu'une volonté politique.

Mes demandes, père Noël, vont peut-être se perdent dans les nuages, mais il reste qu'à toujours importer nos aliments, les coûts pour se nourrir sont, maintenant, dangereusement à la hausse. Soit une menace pour l'économie des ménages, pour l'économie en général. Et ça, c'est terre à terre!

Jean-Pierre Patry, 

producteur agricole,

Weedon

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