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ÉDIRORIAL / Le projet de loi 88 destiné à permettre aux vignerons québécois de... (Archives, La Tribune)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDIRORIAL / Le projet de loi 88 destiné à permettre aux vignerons québécois de vendre directement leurs produits dans les épiceries constitue une excellente nouvelle pour cette industrie.

Celle-ci prévoit même doubler les superficies en culture d'ici trois à cinq ans et porter sa production annuelle de deux à dix millions de bouteilles d'ici 2025, selon l'Association des vignerons du Québec (AVQ).

S'il faut savoir gré au gouvernement Couillard, qui remplit ainsi sa promesse de donner un coup de main aux vins québécois, on peut se demander pourquoi il aura fallu tant de temps pour donner la place qui lui revient à ce produit du terroir qui, jusqu'ici, n'était vendu que dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Selon le président de l'AVQ, Yvan Quirion, ces vins seront offerts chez les épiciers indépendants, qui représentent plus de la moitié des 8000 épiceries québécoises, ce qui permettra aux producteurs de vendre localement.

« Ça va créer de l'activité économique, le vin est produit chez nous, embouteillé chez nous et commercialisé ici », souligne-t-il.

Bizarrement, ce projet de loi a été déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, et non par celui de l'Agriculture, Pierre Paradis.

Il est vrai que M. Paradis a dû se défendre d'être en conflit d'intérêts dans ce dossier après avoir reproché à son collègue Leitao de ne pas procéder assez rapidement avec cette réforme, alors que son frère, Denis, est propriétaire d'un vignoble dans sa circonscription de Brome-Missisquoi.

De plus, la circonscription du ministre de l'Agriculture regroupe la majorité des 67 vignobles de la province.

Le président de l'AVQ se dit évidemment très heureux du dépôt de ce projet de loi, mais déplore que son organisme n'ait toujours pas reçu de réponse ni d'accusé de réception à sa demande auprès du ministre Paradis pour obtenir une certification d'appellation contrôlée.

« Le ministre Paradis ne nous a jamais rencontrés, il n'embarque pas, ça fait un an », affirme M. Quirion.

Autre irritant pour les vignobles, le fait que le projet de loi les obligera à retirer de leur bouteille l'étiquette contenant les informations sur le millésime (l'année de récolte des raisins) et le cépage (la région), comme c'est le cas pour tous les vins vendus en épicerie, visiblement pour ne pas indisposer les grands embouteilleurs québécois qui achètent le vin étranger en vrac.

Cette situation fera en sorte que le consommateur n'auront pas toute l'information sur le produit qu'ils achèteront, une situation dénoncée par le député de Granby, François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec, et certains vignobles.

Elle doit faire l'objet de discussions en commission parlementaire cet hiver.

L'accès aux épiceries permettra aux producteurs d'augmenter leurs points de vente, mais ceux-ci devront surtout tabler sur l'avantage pour le consommateur d'acheter un produit du terroir, un produit de leur région, puisqu'ils ne pourront concurrencer les produits importés sur la base du prix. Les vins québécois se détaillent en moyenne à 15,80 $ la bouteille à la SAQ et seront offerts entre 13 et 16 $ dans les épiceries (pour les vins de base), où les vins importés en vrac se vendent en moyenne 13 $ la bouteille, avant les taxes.

Ce qui donne une raison de plus pour permettre aux vins québécois de se distinguer en tant que produit du terroir avec des informations sur le millésime et le cépage afin que les consommateurs puissent de savoir exactement ce qu'ils boivent.

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