Une autre nuit blanche

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Pendant que, partout sur la planète, on attend le texte résultat de la Conférence de Paris sur les changements climatiques, dans la capitale française, les négociations se poursuivaient hier avec la tenue d'une quatrième nuit blanche.

La Presse Canadienne

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(Paris) CHRONIQUE / Les habitués de ces grands sommets internationaux l'avaient prédit, mais l'annonce a tout de même chambardé les plans des observateurs et des médias qui seront nombreux à quitter Paris aujourd'hui. Les tractations visant à clore la Conférence de Paris sur les changements climatiques se sont poursuivies toute la nuit de jeudi à hier, et elles ont repris en soirée pour une quatrième nuit blanche. On ignorait, au moment d'écrire ces lignes, à quelle heure on accoucherait d'une version finale. Le président de la conférence, Laurent Fabius espérait le faire à 9 h du matin, heure de Paris.

La ministre canadienne de l'Environnement et facilitatrice Catherine McKenna a tout de même fait savoir hier midi que des progrès avaient été accomplis. Ainsi, la nouvelle ébauche de texte contient un engagement à limiter la hausse de température à « bien en dessous de 2 degrés Celsius » ainsi que « la poursuite des efforts de limiter la hausse à 1,5 degré ». L'expression « bien en dessous » était attendue de tous les lobbies environnementaux.

Mme McKenna a aussi fait valoir que le Canada, au sein d'une « Coalition des pays à ambitions élevées », avait plaidé en faveur de cette reconnaissance de l'urgence de la menace pour les petits États insulaires. Les droits des autochtones, un dossier cher au Canada, sera également inscrit, mais dans le préambule de l'accord, ce qui n'est pas satisfaisant pour la ministre.

Le directeur principal d'Équiterre, Steven Guilbeault, qui suit ce dossier depuis deux décennies, estime que le texte final ne pouvait pas différer beaucoup du projet remis jeudi à Laurent Fabius. Selon lui, jouer de façon radicale dans ce texte aurait comporté de grands risques. « Si on se met à déplacer une carte, tout peut tomber. C'est un équilibre précaire que l'on bâtit à chaque fois. »

L'un des derniers points à régler portait sur la nature de la révision de cet accord avant son entrée en vigueur en 2020.

Pour qu'il entre en vigueur, il faut d'abord qu'il soit signé, ensuite ratifié. Ce que les forces progressistes ici ont essayé de faire, a expliqué Guilbeault, c'est qu'il y ait un mécanisme de révision prévu dans l'accord avant 2020.

La crainte américaine

La question des pertes et dommages aura constitué un autre enjeu particulièrement difficile pendant cette conférence. Certains pays, et tout particulièrement les États-Unis, ont une « frousse noire », a dit Guilbeault, que l'on donne l'impression d'avoir ouvert la porte à des poursuites de centaines de milliards $ de la part des pays pauvres qui subissent les changements climatiques.

Cette question a donné lieu à des avocasseries pointues. Le problème, explique Guilbeault, était de savoir que « s'il n'est pas spécifiquement écrit que ça ne mènera pas à des poursuites ou des compensations, est-ce que ça veut dire qu'il peut y en avoir ou qu'il ne peut pas y en avoir? Les Américains disent que si ce n'est pas spécifiquement exclu, c'est implicitement inclus... le reste des gens disent non, si ce n'est pas inclus, ce n'est pas inclus ».

Toujours selon Steven Guilbeault, la plupart des participants à la COP21 ne veulent pas que la clause sur les pertes et dommages puisse consacrer le droit à des poursuites. « Le but de ces négociations n'est pas de créer un mécanisme où l'on va prévoir comment les gens vont se poursuivre les uns les autres ». Par contre, on aimerait bien trouver des mécanismes pour aider les pays touchés. Une forme d'assurance mondiale? La question n'est pas réglée.

Malgré les différends, Guilbeault était encore optimiste hier. « On n'aura pas évidemment tout ce qu'on aurait voulu, mais ce ne sera pas une entente à rabais non plus. »

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