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Éditorial / Le commissaire Renaud Lachance et la présidente de la Commission... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / Le commissaire Renaud Lachance et la présidente de la Commission sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, France Charbonneau, doivent des explications aux Québécois après la divulgation de courriels par les journalistes de l'émission Enquête qui démontreraient une profonde dissension entre eux et une volonté de M. Lachance d'atténuer des propos réprobateurs envers les partis politiques.

Car cela soulève bien des questions au sujet de l'impact de ces différends sur les conclusions du rapport déposé le 24 novembre dernier.

Au cours des derniers mois, des informations avaient filtré laissant entendre que le commissaire Lachance et Mme Charbonneau étaient à couteaux tirés.

Lors du dépôt du rapport, la dissidence exprimée par le commissaire Lachance, qui réfutait l'existence d'un lien même indirect entre les dons aux partis politiques provinciaux et l'obtention de contrats publics, avait soulevé l'étonnement et donné l'impression que l'on venait de noyer le poisson.

D'autant plus que les témoignages de plusieurs dirigeants d'entreprises démontraient qu'ils avaient intérêt à financer les partis politiques pour ne pas être exclus des contrats publics, donc qu'il y avait à tout le moins un lien indirect.

Il est normal qu'il y ait des dissensions au sein d'une équipe de procureurs ou d'une commission d'enquête. Mais au point que les protagonistes soient incapables de s'entendre sur le contenu le plus sensible d'un rapport?

Des extraits dévoilés par les journalistes d'Enquête démontrent que le commissaire Lachance aurait voulu rayer ou atténuer certains passages dans la version préliminaire du rapport, notamment ceux plus critiques envers les partis politiques et certains politiciens, dont l'ex-ministre Nathalie Normandeau, et le « responsable » du financement du PLQ, Marc Bibeau.

Dans les mois précédant son rapport, la commission avait signifié des préavis de blâme, notamment au Parti libéral du Québec, à l'ancien premier ministre Jean Charest, à Marc Bibeau, à l'ex-ministre Nathalie Normandeau, au Parti québécois et à Pauline Marois.

Toutefois, aucun blâme ne figure dans le rapport final. Pourquoi?

La commission Charbonneau n'avait pas le mandat d'instituer des enquêtes policières ni de déposer d'accusations, ce qui relève de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Mais pourquoi sa présidente n'a pas été plus tranchante dans son rapport?

Tout n'est pas noir, évidemment.

La commission a permis de mettre au jour la corruption, le blanchiment d'argent et l'implication du crime organisé dans le domaine municipal, à Laval et Montréal notamment, de même que des stratagèmes pour contourner les lois sur le financement politique, l'utilisation de prête-noms et la sollicitation des entreprises susceptibles d'obtenir des contrats gouvernementaux, dans le domaine provincial.

De plus, 60 recommandations ont été formulées au gouvernement Couillard pour assainir le processus d'octroi des contrats publics.

Toutefois, que l'on soit d'accord ou non avec les conclusions du rapport de la commission, les tensions et les désaccords apparents entre le commissaire Lachance et la présidente Charbonneau soulèvent la controverse.

On ne peut laisser la population dans le doute ou avec l'impression que les 44 millions $ injectés dans cet exercice n'ont pas permis d'aller au fond des choses.

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