Un mal pour un bien

L'investissement de 118 millions $ de Bombardier produits récréatifs (BRP)... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) L'investissement de 118 millions $ de Bombardier produits récréatifs (BRP) constitue un choix stratégique pour ses installations de Valcourt et une marque de confiance en l'avenir en cette ère de délocalisation et d'incertitude économique, même si elle comporte un gel de salaire de trois à cinq ans pour quelque 1600 employés.

On peut en déduire que le sacrifice qui leur est demandé permettra de consolider les emplois manufacturiers à Valcourt et d'éviter un nouveau transfert de production vers le Mexique, comme l'entreprise l'avait fait en 2012 pour l'assemblage des motomarines.

Cet investissement est évidemment une excellente nouvelle pour l'Estrie : BRP est un acteur majeur dans l'économie régionale avec son usine et son centre de design et d'innovation de Valcourt, son partenariat avec l'Université de Sherbrooke dans le Centre des technologies avancées et son centre de distribution à Sherbrooke.

De plus, BRP s'approvisionne auprès de nombreux sous-traitants de la région.

La direction fait valoir que plusieurs groupes d'employés de BRP au Québec ont une rémunération de 15 pour cent supérieure à celles d'entreprises concurrentes en Amérique du Nord et en région au Québec.

Il n'empêche qu'un gel du salaire sur une période de trois à cinq ans équivaut à une baisse de rémunération dans les années à venir si on prend en compte l'inflation.

En revanche, les employés de BRP ne sont pas les seuls à se faire imposer une telle mesure.

De plus, la rémunération chez ce fabricant de véhicules récréatifs est avantageuse. Par exemple, les employés affectés à l'assemblage gagneraient entre 20 et 22 $ l'heure, alors que ce travail n'exige pas de formation particulière, exception faite des gens de métier.

Professeur à la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke, Luc Savard rappelle que bien que le phénomène de délocalisation des entreprises vers des pays émergents tend à diminuer en raison des hausses des salaires là-bas, une entreprise a moins intérêt à maintenir des emplois ici si elle ne peut faire d'économies.

« Cela correspond à une perte de pouvoir d'achat, mais ce sont des employés remplaçables, ils n'ont pas le gros bout du bâton », note-t-il, ajoutant que cet investissement est important pour l'image de BRP.

Bien que le salaire des employés de BRP fera du sur-place dans les années à venir, l'entreprise envoie le signal qu'elle entend conserver la production de motoneiges et de motos Spyder en Estrie pour encore plusieurs années. C'est un mal pour un bien.

Un registre à quel coût?

Tous ou presque au Québec attendaient le projet de loi pour la création d'un registre provincial des armes à feu.

Mais le gouvernement Couillard devra rassurer les contribuables quant au coût de cet outil réclamé par tous les partis politiques, les associations de policiers et les groupes de la société civile comme la Coalition pour le contrôle des armes.

À quelques jours du 26e anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, le projet de loi déposé jeudi par le ministre de la Sécurité publique par intérim, Pierre Moreau, a aussi valeur de symbole puisqu'il devrait permettre d'éviter que des personnes à risque aient en leur possession des armes à feu.

Le gouvernement Couillard estime que le coût de la mise en place du nouveau registre sera de 17 millions $ avec des frais de gestion annuels de 5 millions $.

On ne demande qu'à le croire.

Mais un certain scepticisme est de mise lorsque l'on se souvient de l'ancien registre fédéral qui devait coûter moins de 5 millions $, mais dont la facture avait explosé à un milliard $.

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