Pauvreté : l'État est-il à l'écoute?

Cher père Noël,Encore une fois cette année je me dois de « passer au suivant »... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Cher père Noël,

Encore une fois cette année je me dois de « passer au suivant » et vous demander de bien vouloir répondre aux demandes des plus démunis au Québec. En effet, de plus en plus de familles font appel aux Banques alimentaires du Québec pour subsister. Plus de 163 000 personnes différentes par mois ont recours à l'aide d'une banque alimentaire dont 59 311 enfants (données statistiques 2015 des banques alimentaires Bilan-Faim); 14.3 % des ménages aidés ont été servis pour la toute première fois. (...).

Les revenus sont insuffisants pour faire face au coût de la vie : 10.5 % des personnes servies ont un revenu d'emploi insuffisant pour la famille, 61,4 % sont prestataires de l'aide sociale (...), 3,3 % reçoivent une prestation d'invalidité et 7,1 % reçoivent une pension de vieillesse (...).

Dans son mémoire déposé en septembre 2015 à la Commission de la révision de la fiscalité, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a formulé des recommandations qui pourraient améliorer à long terme la situation des personnes les plus vulnérables. Entre autres, il est nécessaire d'arrimer la révision des programmes et la réforme de la fiscalité québécoise pour éviter que ce qui est donné d'une main soit repris de l'autre. Ainsi, une hausse des revenus par l'entremise de la fiscalité ne doit pas être annulée par une hausse des tarifs d'électricité, une augmentation des tarifs de garde, une coupure de l'aide sociale, une majoration des frais de scolarité ou une diminution de l'accessibilité aux soins de santé. Ainsi, l'effet combiné de la fiscalité, des programmes sociaux et des services publics aura un impact positif sur le revenu des personnes en situation de pauvreté.

Les gouvernements possèdent les moyens pour réduire les inégalités socioéconomiques et éliminer la pauvreté au Québec. Mais sont-ils à l'écoute? J'en doute, car les mesures d'austérité, le désengagement de l'État et le sous-financement des groupes communautaires qui oeuvrent justement auprès des personnes en situation de pauvreté ont fait en sorte d'appauvrir encore plus ces personnes.

Mon souhait de cadeau pour cette année est donc que l'esprit de Noël soit avec nos politiciens aujourd'hui et tout au long de l'année et qu'ils prennent le temps d'écouter les cris de détresse des personnes vulnérables et les groupes communautaires qui les soutiennent.

Huguette Lajeunesse

Membre du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer