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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Alors que Chemin de fer Central Maine & Québec (CMQ) pourrait techniquement transporter du pétrole brut à compter du 1er janvier, l'incertitude de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire est bien légitime et commande davantage d'écoute de la part des autorités.

Le président du CMQ, John E. Giles, soutient que sa compagnie n'a encore aucun contrat pour le transport de pétrole brut et rappelle son engagement d'aller rencontrer les citoyens et les dirigeants municipaux si la situation change. Mais la levée même symbolique de l'embargo volontaire sur le transport de pétrole brut n'en constitue pas moins une épée de Damoclès.

Depuis juin 2014, M. Giles a fait de la sécurité ferroviaire son leitmotiv, affirmant que sa compagnie a investi 22 millions$ pour améliorer la voie ferrée et les infrastructures après des années de négligence de l'ancien propriétaire, Montréal, Maine & Atlantic.

Il a aussi démontré une volonté de rassurer les citoyens à la suite la tragédie de juillet 2013, alors qu'un convoi de 72 wagons-citernes remplis de pétrole avait déraillé en plein centre-ville.

Toutefois, malgré le verdict de Transports Canada selon lequel les voies sont sécuritaires, les observations effectuées par des citoyens et le consultant Jacques Vandersleyen ont démontré des problèmes de rails usés, de traverses pourries, de même qu'un ponceau en mauvais état.

Il s'agit bien sûr d'observations visuelles, mais il est incompréhensible que le CMQ et Transports Canada semblent ne pas prendre au sérieux les doléances des citoyens.

Il ne faut donc pas s'étonner que la coalition ait déposé une pétition de 2800 noms pour réclamer que Lac-Mégantic demande une injonction interlocutoire exigeant l'arrêt du transport de matières dangereuses, notamment le gaz propane et l'acide sulfurique, tant que les rails ne seront pas réparés. Sans succès toutefois.

Dans ce contexte, comment peut-on même imaginer que la population de Lac-Mégantic pourrait accepter le retour de convois pétroliers sur son territoire?

Car leurs inquiétudes sont parfaitement fondées.

La majorité des wagons-citernes utilisés pour le transport de pétrole sont des DOT-111, ceux-là mêmes qui ont été impliqués dans le déraillement de juillet 2013, ne seront totalement retirés de la circulation qu'en 2020, malgré leurs failles au plan de la sécurité.

De plus, la voie de contournement réclamée par les citoyens et la municipalité ne sera pas construite avant au moins trois ans.

Autre élément : l'inversion du flux de la canalisation 9 B d'Enbridge, entre l'Ontario et Montréal, pour acheminer le pétrole de l'Ouest vers les raffineries de l'Est du pays, et l'investissement de 200 millions $ d'Irving Oil pour moderniser ses installations de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, fait craindre aux Méganticois un retour éventuel du transport de pétrole par train.

D'autant plus que le plus court chemin par rail entre Montréal et le Nouveau-Brunswick passerait par Lac-Mégantic.

Malheureusement, les Méganticois ne peuvent compter sur le ministre de l'Environnement, David Heurtel, pour les rassurer.

Celui-ci a refusé la tenue d'une étude indépendante sur le transport de pétrole par train au Québec, même si plusieurs villes et groupes de citoyens en réclamaient une.

Le transport de pétrole par train est un enjeu majeur pour tout le Québec et particulièrement pour Lac-Mégantic.

Devant le peu d'écoute de Québec, il faut souhaiter que l'équipe du maire Jean-Guy Cloutier ait une oreille attentive du député de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, et du nouveau ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

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