Une saine gestion sélective

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(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le gouvernement Couillard a parfaitement le droit de demander des comptes aux centres de la petite enfance (CPE) qu'il subventionne.

Mais en annonçant une réforme de leur financement et une nouvelle coupe de 120 millions $ dans leur budget, en 2016-2017, il semble agir par simple esprit comptable sans considérer les impacts sur ce service essentiel.

Cela s'ajoute aux compressions de 74 millions $ imposées cette année et à celles de 100 millions $ décrétées l'an dernier.

Il est vrai que le programme des garderies coûte cher, plus de 2 milliards $ par année, mais il a permis depuis 15 ans à des dizaines de milliers de femmes d'intégrer le marché du travail. Elles contribuent à l'économie et payent des impôts.

En disant vouloir s'inspirer des garderies dont les coûts de fonctionnement par enfant sont les moins élevés, le gouvernement Couillard et sa ministre de la Famille, Francine Charbonneau, risquent de niveler par le bas.

Les libéraux cachent mal leur esprit de suspicion envers le réseau des CPE, créé en 1997 par le gouvernement du Parti québécois, et ne semblent pas tenir compte de l'importance de ce programme pour aider les enfants à socialiser et à se préparer à aller à l'école.

Selon l'Association québécoise des CPE et le Regroupement des garderies privées du Québec, jusqu'à 5000 emplois seraient menacés, sans parler de la qualité des services et de leur accessibilité.

En laissant entendre que les CPE sont mal gérés et en réduisant leur financement, le gouvernement Couillard s'attaque également aux femmes qui ont besoin de ce service pour pouvoir rester sur le marché du travail et à celles qui y oeuvrent comme éducatrices.

En ces temps de rigueur budgétaire, il faut s'assurer du bon fonctionnement des garderies subventionnées, voir à ce qu'il n'y ait pas d'abus et à ce que les fonds soient bien utilisés.

Une erreur

Mais vouloir imposer des compressions sans nuances et sans tenir compte des particularités des différentes installations selon qu'elles sont situées en milieu de travail, du nombre d'heures de service qu'elles offrent ou de leur environnement socio-économique, est une erreur.

Améliorer la gestion des CPE pour en assurer la pérennité est nécessaire, mais cela doit passer par d'autres solutions que le couperet à répétition, qu'il s'agisse de fusionner les petites garderies en milieu urbain, de mettre en place un système d'achats groupés ou d'améliorer la reddition de compte.

Pourquoi le rapport Boisvert sur la qualité et la pérennité des services de garde, publié en janvier 2014, est-il resté lettre morte?

La performance, l'imputabilité et la saine gestion des fonds publics sont les mots d'ordre de ce gouvernement et c'est ce que les contribuables attendent, mais pas seulement en matière de services de garde.

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a fait vendredi un constat accablant de la mauvaise gestion de la rémunération des médecins, qui dépasse de 415 millions $ l'enveloppe prévue pour la période 2010-2015.

Elle a aussi fait part de graves lacunes dans l'attribution de contrats informatiques, une situation qui perdure depuis 2012.

En mai dernier, la vérificatrice avait aussi noté la vente par Hydro-Québec d'une turbine destinée à l'ancienne centrale nucléaire Gentilly au prix de 75 000 $ alors qu'elle avait été achetée quelques années auparavant au coût de 79 millions $.

Lorsque le gouvernement Couillard dit vouloir s'assurer de la saine gestion des CPE, on veut bien, mais il devrait avoir la décence de faire le ménage dans sa propre maison.

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