Un message discriminatoire

ÉDITORIAL / Le gouvernement Trudeau ferait une double erreur en n'acceptant que... (Associated Press)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le gouvernement Trudeau ferait une double erreur en n'acceptant que les femmes, les enfants et les familles de réfugiés syriens et irakiens, mais en fermant la poste aux hommes seuls, officiellement pour des raisons de sécurité, comme le laisse entendre une information obtenue par le réseau CBC News.

D'une part, il enverrait un message discriminatoire et donnerait raison à certains politiciens et leaders d'opinion qui n'hésitent pas à faire un amalgame entre terrorisme et hommes célibataires arabes.

D'autre part, cela risquerait de faire le jeu des groupes terroristes qui se feront un plaisir de clamer haut et fort que les pays occidentaux sont islamophobes, mais qu'eux sont prêts à accueillir ces hommes qui n'ont nulle part où aller.

Qu'elles soient prises en charge par l'État ou parrainées, le Canada a le devoir d'accueillir les personnes les plus vulnérables qui vivent dans des conditions très précaires dans des camps au Liban, en Turquie et en Jordanie.

Il faut bien sûr s'assurer que les 25 000 réfugiés censés arriver au Canada d'ici le 1er janvier, selon l'échéancier du gouvernement Trudeau, ne présentent aucune menace pour la sécurité du pays, alors que nombre de Canadiens sont inquiets.

Évidemment, il n'y a pas de risque zéro, mais il faut rappeler que les milliers de personnes qui vont venir au Canada fuient la guerre et les exactions du groupe État islamique et du régime du président syrien Bachar el-Assad.

Elles sont en grande partie de confession musulmane, mais exècrent le terrorisme et veulent refaire leur vie ici.

Vouloir donner priorité aux femmes, aux enfants, aux familles et aux membres des minorités religieuses est louable, mais fermer la porte aux hommes seuls en laissant entendre qu'ils pourraient présenter un risque pour la sécurité est répugnant.

Parmi les hommes seuls qui vivent dans les camps de réfugiés se trouvent sans doute des orphelins de guerre, des jeunes hommes décidés à fuir l'enfer de l'islamisme radical, certains ont peut-être même été encouragés à le faire par leur famille, et des hommes parrainés par des proches déjà au Canada.

Et que penser du sort des homosexuels qui sont persécutés par les pseudo défenseurs de l'islam?

Il est vrai que l'un des deux kamikazes dans les attentats de Paris est un homme qui avait été contrôlé en Grèce, tandis qu'un autre s'était mêlé aux migrants fuyant la guerre en Syrie.

Mais il faut souligner que jusqu'à tout récemment, les pays d'Europe appliquaient la règle de la libre circulation dans l'espace Schengen avant de rétablir les contrôles à leurs frontières en raison de l'afflux de réfugiés.

Ceux qui souhaitent venir au Canada font l'objet d'une première vérification dans les pays d'accueil comme la Turquie, la Jordanie et le Liban, avant que leurs dossiers soient transmis au Haut commissariat aux réfugiés qui effectue des contrôles sur leur identité et leurs activités.

Par la suite, Citoyenneté et Immigration Canada effectue une sélection avant de transmettre les dossiers au Service canadien du renseignement et de la sécurité.

Le gouvernement Trudeau doit présenter aujourd'hui son plan d'action pour les 25 000 réfugiés qui arriveront d'ici la fin de l'année.

Tous attendent des précisions sur les moyens qui seront mis en oeuvre pour les recevoir, notamment les villes comme Sherbrooke, qui a une longue tradition d'accueil.

Nous avons le devoir moral de leur ouvrir nos portes, sans discrimination, et sans laisser la peur ou les préjugés dicter nos choix.

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