Négociations du secteur public : une avancée réelle

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Pour Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, le seul changement a été de déplacer un 0 %.

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La Tribune

M. Gilbert Lavoie, éditorialiste

Je suis un peu d'accord avec votre éditorial du 19 novembre (« Ça ne va nulle part ») sur les négociations du secteur public, mais pas totalement.

J'admets que la nouvelle offre syndicale est encore un peu élevée par rapport à la moyenne et qu'elle sert un peu de relations publiques. Mais reporter la grève et réduire ses demandes est une avancée réelle et tangible. Pour Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, le seul changement a été de déplacer un 0 %. Quant à la relativité salariale, elle n'a rien à voir avec la négociation. En passant, il serait intéressant que ces nouvelles échelles soient appliquées à tout le secteur public par souci d'équité. Parlant d'équité, c'est là où je décroche. On sait que les médecins ont eu au fil des ans de généreuses augmentations et exemptions fiscales, soi-disant à cause d'un retard sur la moyenne canadienne. Le hic, c'est que d'autres employés - professeurs, infirmières et ambulanciers, par exemple - ont des écarts autant sinon plus grands avec la moyenne. Si l'argument est bon pour les médecins, pourquoi ne l'est-il pas pour tous? [...] Une manière efficace d'économiser serait d'ouvrir des cliniques de première ligne avec des infirmières qualifiées. Ça réglerait rapidement le manque de médecins de famille. La population réclame ce changement. Mais ça enlèverait des revenus aux médecins... Il y a un autre aspect dont vous ne faites pas mention. La vraie raison pour laquelle M. Coiteux veut économiser, c'est pour baisser les impôts. Cela va profiter essentiellement aux plus riches qui, en plus, recevront des augmentations de salaire plus élevées que nous. On oublie aussi que 40 % des Québécois ne paient pas d'impôts. Et une bonne partie de la classe moyenne qui réclame ces baisses n'en profitera pas parce que la privatisation de services et les hausses de tarif coûteront plus que les baisses d'impôts obtenues. Plus l'impôt diminue, plus la majorité s'appauvrit, car on doit payer les services au privé. Au final, ce sont les fonctionnaires qui se sacrifient pour financer ces rabais qui profiteront à des gens dont la situation est meilleure que la leur. Moi, je veux bien faire ma part, mais j'aimerais que tous participent à cet effort équitablement. [...] La baisse d'impôts à venir sera un cadeau des fonctionnaires. Mais je vous laisse deviner qui sera applaudi et qui sera traité de privilégié. [...]

Julien Lacombe

Sherbrooke

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