Sécurité oui, mais rejet non

À la suite des attentats de Paris, revendiqués par le groupe État islamique,... (Associated Press)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) À la suite des attentats de Paris, revendiqués par le groupe État islamique, l'inquiétude de la population est légitime, mais les réactions épidermiques de citoyens, d'élus et de groupes contre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens et irakiens en sol canadien nécessitent un appel au calme et à la compassion.

Il est normal que les Canadiens aient certaines appréhensions et que les gouvernements provinciaux et les villes veuillent être rassurés sur les vérifications de sécurité et de santé.

Mais il est indécent de faire un amalgame entre le terrorisme et les réfugiés, comme le font plusieurs États américains.

Et comme le veut un certain discours populiste, alors que les réfugiés fuient la guerre et les exactions du groupe ÉI et ont affronté moult dangers pour se rendre en Europe.

Il n'y a pas de risque zéro et il ne faut pas sombrer dans l'angélisme, mais ces personnes veulent venir ici pour vivre en paix et refaire leur vie.

Sur le plan de la sécurité, les réfugiés que le Canada souhaite accueillir ont fait l'objet de premières vérifications dans les pays d'accueil comme la Turquie et la Jordanie.

Le Haut commissariat aux réfugiés effectue lui aussi des contrôles sur l'identité et les activités des demandeurs.

Par la suite, Citoyenneté et Immigration Canada sélectionne les réfugiés dont les dossiers sont ensuite transmis au Service canadien du renseignement et de la sécurité.

Cela dit, l'échéance du 31 décembre fixée par le premier ministre Justin Trudeau pour recevoir 25 000 réfugiés, dont 5700 au Québec, apparaît de plus en plus irréaliste et soulève des interrogations sur les capacités d'accueil, les moyens financiers et le respect du processus de vérification des dossiers de sécurité et de santé.

D'autant plus que le gouvernement Trudeau n'a toujours pas présenté de plan.

Même les ministres du gouvernement du Québec semblent divisés sur la capacité de la province à respecter l'objectif d'Ottawa, tout comme les maires de Québec et de Montréal.

Nous avons le devoir moral d'ouvrir nos portes aux réfugiés syriens et irakiens, mais pourquoi ne pas étaler leur arrivée sur quelques semaines supplémentaires?

Cela ne doit toutefois pas envoyer le message que ces derniers représentent une menace.

À cet égard, les musulmans canadiens ont un rôle important à jouer pour calmer les esprits et expliquer à leurs concitoyens qu'ils rejettent l'idéologie barbare et la violence des djihadistes.

Par exemple, l'imam Luqman Ahmed, de la communauté musulmane Jama'at Islamique Ahmadyya de Québec, enjoint les musulmans canadiens à dissiper les craintes du grand public et à envoyer « un message fort aux extrémistes ».

« Nous devons encore une fois défendre notre foi contre cette violence et l'extrémisme. Les gens attendent de nous que l'on se distancie de cette idéologie barbare », écrit-il dans une lettre publiée par le quotidien Le Devoir.

Les musulmans doivent aussi se distancier des propos d'agitateurs professionnels comme Adil Charkaoui.

En revanche, il est inadmissible que nos choix collectifs soient dictés par la peur ou les préjugés, tout comme il est inacceptable que les musulmans soient associés au terrorisme ou que des mosquées soient ciblées par des vandales.

De même, il n'est pas normal que le climat actuel incite le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Kounna, à demander une surveillance policière accrue aux abords de la mosquée A'Rhamane de Sherbrooke.

Il s'agit peut-être d'une formule galvaudée, mais le repli sur soi signifierait que le groupe État islamique est en train de parvenir à son objectif de propager la peur et la suspicion.

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