Le Canada doit être solidaire

ÉDITORIAL / Pendant que la France et les États-Unis intensifient leurs frappes... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Pendant que la France et les États-Unis intensifient leurs frappes contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, le premier ministre Justin Trudeau doit réévaluer son engagement électoral de mettre fin à la mission des CF-18 canadiens.

En raison de l'intensification des activités de cette organisation terroriste et de la menace grandissante qu'elle représente, le Canada a un devoir de solidarité envers les pays membres de la coalition contre l'ÉI.

Au cours des dernières semaines, cette organisation a perpétré ou revendiqué plusieurs attentats : ceux de Paris, vendredi, qui ont fait 129 morts, ceux de Beyrouth, jeudi dernier, qui ont fait 43 morts, et l'écrasement d'un avion russe, dans le désert du Sinaï, qui a fait plus de 200 victimes, le 31 octobre.

Ces événements atteignent une dimension insensée et démontrent la nécessité de renforcer la coalition, qui rassemble actuellement les États-Unis, la France, l'Australie, le Canada, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Le Canada doit demeurer au sein de cette coalition militaire, tout en poursuivant un travail sur le plan humanitaire, qu'il s'agisse d'accueillir des réfugiés syriens et irakiens ou de soutenir les organismes d'entraide.

Justin Trudeau doit donc abandonner la promesse qu'il avait formulée en campagne électorale.

« Je trouve un peu bizarre qu'on s'entête à vouloir répondre à un engagement électoral alors que des événements d'une ampleur impensable se produisent (...). Le groupe État islamique est dans une dynamique de guerre totale (...) et tant qu'on répondra à l'intérieur d'une guerre limitée, d'un enjeu national, ça ne s'arrêtera pas », pense Rémi Landry, professeur associé à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Le discours et les actions doivent être conséquents : on ne peut promettre à la fois le « retour » du Canada dans les grandes institutions internationales, comme le fait le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et se retirer d'une mission nécessaire contre une organisation déterminée à déstabiliser l'Occident et à créer une zone de califat au Moyen-Orient.

Depuis un peu plus d'un an, la coalition initiée par les États-Unis a permis de freiner l'expansion de l'ÉI, mais pas de la faire reculer, ni de détruire ses capacités offensives.

On ne mettra pas fin aux exactions et aux ambitions de l'ÉI uniquement avec des bombes. Il faut également mieux soutenir les forces d'opposition qui défendent la démocratie en Syrie et en Irak et couper les sources de financement de l'ÉI, notamment.

Mais en raison de cette crise majeure pour la sécurité et la stabilité en Occident et au Moyen-Orient, le Canada ne peut faire bande à part et laisser ses alliés faire la sale besogne.

L'idée d'une intervention multilatérale incluant la Russie commence à germer dans les capitales occidentales afin de mieux coordonner les frappes.

Il y a bien sûr des réserves à l'idée de s'allier avec un pays qui soutient jusqu'ici le régime sanguinaire de Bachar el-Assad en Syrie ou avec la Turquie qui bombarde depuis l'été dernier les positions de l'ÉI tout en visant également les forces kurdes.

Tout cela devra être évalué et discuté franchement, mais la réponse doit être coordonnée devant un ennemi commun.

Au nom de la démocratie et pour mettre fin aux horreurs qu'impose le groupe ÉI aux Syriens et aux Irakiens, le Canada dont maintenir sa participation au sein de la coalition, même si cela n'est pas de gaieté de coeur.

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