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ÉDITORIAL / Les attentats de vendredi à Paris ont fait 132 morts et 349... (Associated Press)

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<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / Les attentats de vendredi à Paris ont fait 132 morts et 349 blessés. Revendiqués par le groupe armé État islamique, ils démontrent la capacité de ces terroristes de frapper partout dans le monde.

Désormais, il incombe à la communauté internationale de mettre ses différends de côté et de prendre les moyens d'éradiquer cette menace au plus vite. Les armes ne suffiront pas. Afin de couper l'herbe sous le pied de ces extrémistes, il faudra aussi trouver une façon de contrer la radicalisation et de planifier la paix.

Comme s'il était possible d'ajouter à l'horreur, les djihadistes ont choisi un vendredi 13 pour lancer leur assaut meurtrier. Depuis l'attaque contre Charlie Hebdo en janvier dernier, ils ont continué de semer la terreur autour d'eux. Il y a deux semaines, ils ont abattu un avion russe, faisant 224 victimes en Égypte. L'État islamique a aussitôt revendiqué cet attentat en guise de représailles au récent soutien des troupes de Vladimir Poutine au président syrien, Bachar El-Assad.

La France est également très engagée dans ce conflit. Au cours des dernières années, l'Hexagone a d'ailleurs fourni bien malgré elle plusieurs combattants à l'État islamique. Tous les pays qui interviennent en Syrie et en Irak sont donc susceptibles d'être visés par ses attaques. Le Canada, qui y a envoyé des chasseurs F-18 afin de pilonner ses positions, fait donc partie des cibles potentielles. Tôt ou tard, ces terroristes tenteront de viser des cibles canadiennes, ici ou à l'étranger. Cela ne semble plus faire aucun doute.

Alors que faire? Le nouveau premier ministre a déjà indiqué son intention de rappeler les F-18 au pays. Justin Trudeau semble également déterminé à accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année. Cette position honore bien sûr notre pays et redore son blason sur la scène internationale. Les attentats de Paris démontrent cependant qu'il convient d'être extrêmement vigilant. Sur ce point, force est de reconnaître que l'ex-premier ministre Stephen Harper avait raison. Personne ne tiendra donc rigueur au gouvernement Trudeau de prendre quelques semaines de retard afin de s'assurer qu'aucun terroriste ne se faufile parmi les réfugiés.

Samedi, Philippe Couillard a insisté pour maintenir l'accueil de 6000 réfugiés au Québec. Le premier ministre veut donner « une leçon à ces barbares » de ce qu'est une société ouverte. À ses yeux, le monde démocratique est en guerre et il faut répondre coup pour coup aux djihadistes. Le premier ministre devrait aussi reconsidérer la proposition de créer un observatoire des activités islamistes en sol québécois, une suggestion de Fatima Houda-Pépin, la députée qu'il a cavalièrement expulsée de ses rangs. La radicalisation a aussi trouvé écho au Québec.

Comme le 11 septembre 2001, le 13 novembre 2015 passera tristement à l'histoire. Le monde ne sera plus jamais pareil. La bataille contre l'État islamique sera longue et cruelle. Seule une intervention concertée de la communauté internationale pourra en venir à bout. Au pays, les forces de l'ordre ne pourront prévenir tous les attentats. Il importe donc d'ouvrir l'oeil et de se rappeler que la vigilance des citoyens constitue toujours la meilleure prévention.

Depuis quelques jours, les Québécois ont démontré par divers gestes leur solidarité envers les Français. Ceux-ci doivent savoir que nous partageons leur douleur et que nous offrons nos plus sincères sympathies aux familles d'innocentes victimes. Plusieurs d'entre nous pourrons de nouveau exprimer notre fraternité en participant à la minute de silence que la France doit tenir aujourd'hui.

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