Un nouvel outil de réadaptation

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M. Jérôme Gaudreau,
journaliste

J'ai lu avec intérêt votre article du 23 octobre « APEXK entre dans la tête des Estriens » sur un nouvel outil pour les commotions cérébrales. En tant que médecin spécialisée en médecine sportive, je ne peux que me réjouir de l'arrivée de cette technologie à Sherbrooke

Cependant, j'aimerais souligner que votre sous-titre est trompeur. Il ne s'agit pas d'un outil de dépistage des commotions, mais d'un outil de réadaptation. En fait, toute la science sur le sujet est unanime à dire que 80 % des commotions vont guérir en 7 à 10 jours sans autre traitement que le repos et un retour progressif (sous supervision médicale) à l'activité physique. Parmi les 20 % qui restent, la vaste majorité n'aura pas besoin de cet outil. Par contre pour les 2 à 3 % qui auront des symptômes persistants, cet outil est un apport inestimable.

Il n'y a malheureusement jusqu'à présent, aucune autre façon de faire le diagnostic de commotion que l'évaluation par un médecin. Il s'agit même d'une loi (la Loi médicale du Québec). Heureusement, cette consultation est payée par l'Assurance-maladie.

Je trouve dommage qu'on laisse croire aux parents et aux jeunes athlètes qu'ils doivent débourser une somme considérable (800 $) dans l'espoir de traiter ou évaluer leur commotion. Je crains que ça ne pousse plusieurs d'entre eux à ne pas consulter, faute de moyens. Ce serait un net recul après toute la sensibilisation qui a été faite au cours des dernières années.

Dans ma pratique qui inclut autant des jeunes sportifs que des athlètes olympiques et paralympiques, le nombre de consultations pour cette problématique a fortement augmenté au cours des dernières années. Les athlètes, les parents et les entraineurs étant beaucoup plus conscients de l'existence de ce problème de santé.

Très peu d'entre eux ont nécessité une intervention supplémentaire de type APEXK ou similaire.

La commotion cérébrale étant une entité très complexe, on ne peut malheureusement pas avoir un traitement unique puisqu'il y a plusieurs systèmes impliqués. Une équipe multidisciplinaire incluant médecin, physiothérapeute ou thérapeute du sport, neuropsychologue, ostéopathe ou autre professionnel selon les symptômes ressentis, est donc nécessaire pour un traitement optimal. Un outil, si efficace soit-il demeure un outil... pas une panacée.

Dre Susan Labrecque

MD dip. méd. sport.

Clinique de physiothérapie et médecine du sport

Université de Sherbrooke

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