C'est insensé

Éditorial / Le gouvernement libéral a déposé hier de nouvelles offres globales... (Archives, La Tribune)

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<p>Maurice Cloutier</p>

(SHERBROOKE) Éditorial / Le gouvernement libéral a déposé hier de nouvelles offres globales à ses employés. Ces offres n'ont toutefois pas eu l'effet espéré. Les dirigeants des grandes centrales syndicales les ont rejetées rapidement, mais sans rien proposer. Les grèves tournantes se poursuivront la semaine prochaine dans notre région comme ailleurs au Québec.

Québec a ajouté 550 millions de dollars pour un exercice de relativité salariale, afin de mieux rémunérer certains postes, notamment en éducation et en santé. L'État revoit aussi sa position sur la façon de calculer la rente de retraite. Les augmentations salariales proposées sont modulées autrement, mais celles-ci demeurent de trois pour cent sur cinq ans, ce qui soulève l'ire des syndicats depuis des mois.

Le ton monte encore. Un rapprochement semble impossible à ce moment-ci. Depuis le début du processus de négociation, les syndicats réclament une augmentation salariale de 13,5 pour cent sur trois ans alors que le gouvernement offre très peu sur le plan salarial.

On se dirige sans doute vers une loi spéciale. C'est à se demander si ce n'est pas le souhait des deux parties. « Le moment est venu de régler. Une négociation, il faut savoir la terminer et je pense que le moment est venu maintenant de la terminer », a lancé comme avertissement le premier ministre Philippe Couillard.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là?

En raison de l'intransigeance des deux parties au départ qui ont abordé cette grande négociation avec une approche traditionnelle et dogmatique. Les syndicats voulaient et veulent encore aujourd'hui un rattrapage financier majeur, dans un contexte économique qui ne le permet pas. À l'inverse, le gouvernement, qui réduit de façon marquée le taux de croissance des dépenses de l'État, a déposé une proposition initiale tellement mauvaise qu'il a alimenté la grogne répandue à travers la province et provoqué la mobilisation souhaitée par les syndicats.

Le vent de confrontation souffle depuis plusieurs mois. Il n'est pas nécessaire d'être un grand météorologue pour pouvoir prédire la tempête et les dégâts que celle-ci risque de causer.

Les positions de départ des deux camps étaient insensées et irresponsables. On savait bien, dès le départ, que le prochain contrat de travail serait très différent de ce que proposait l'une ou l'autre des parties. Pourtant, il s'est écoulé plus d'une année de débats improductifs et de déclarations intempestives. Une perte de temps inacceptable en 2015. Le prochain contrat doit tenir compte de la capacité de payer des Québécois et de la protection du pouvoir d'achat des employés de l'État. La ronflante hausse de 13,5 pour cent ne tient pas la route dans le contexte financier actuel où l'État a réduit ses dépenses dans plusieurs domaines dans un effort collectif pour rétablir l'équilibre budgétaire.

C'était sûrement trop demander aux deux parties que de faire une négociation raisonnée sur la base de quelques grands objectifs réalistes. Tout cela donne l'impression d'avoir deux parties face à face qui ne voulaient pas s'entendre et qui ne veulent toujours pas s'entendre alors que les citoyens subissent les inconvénients des grèves tournantes. Même s'ils jugent timide l'ouverture du gouvernement, les syndicats ont le devoir d'élaborer à leur tour des scénarios pour éviter la loi spéciale.

Il est temps pour la population d'avoir plus de détails sur ce que l'État a déposé sur la table pour favoriser un règlement juste et équitable pour ses employés et tous les Québécois. Peut-on connaître de façon transparente les impacts sur les finances publiques et les services?

Dès le début de ces négociations, les deux parties ont creusé entre elles un fossé immense. Le scénario actuel se dessine depuis des mois. C'est d'une grande tristesse d'en arriver à une telle impasse.

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