Défi humanitaire

Éditorial / Aussitôt assermenté, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a... (Archives, La Presse)

Agrandir

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / Aussitôt assermenté, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé une baisse d'impôt pour la classe moyenne à compter de 2016, un beau cadeau qui ne doit toutefois pas faire oublier un des engagements majeurs des libéraux : l'accueil de 25 000 réfugiés d'Irak et de Syrie d'ici le 1er janvier prochain.

Cet objectif, nettement plus ambitieux que celui des conservateurs, qui voulaient faire venir au Canada 10 000 Syriens et 3000 Irakiens sur une période de trois ans, donne raison aux nombreux citoyens et organismes qui réclamaient un plus grand effort de la part d'Ottawa pour aider les personnes qui fuient la guerre en Syrie et en Irak.

Après 10 ans de régime conservateur, il est plus que temps que le Canada renoue avec sa longue tradition de pays d'accueil, de surcroît pour les personnes dont la vie et la liberté sont en danger.

Il s'agit non seulement d'une question de droit international, mais aussi d'une obligation morale envers les plus mal pris de la Terre.

Mais le défi est de taille au plan logistique : il faudra organiser la sélection et le transport de ces milliers de personnes et leur accueil ici, avec un échéancier très serré.

De plus, il serait très ardu pour le Haut commissariat aux réfugiés d'étudier les dossiers de 25 000 personnes en deux mois en vue de répondre aux exigences du Canada, explique Janet Dench, directrice du Conseil des réfugiés du Canada.

Mais d'autres avenues sont possibles, notamment le parrainage privé, le programme de réunification des familles ou encore l'évacuation pure et simple par avion, pour ensuite permettre aux réfugiés de demander la résidence permanente.

« Pour nous, ce qui est important et apprécié c'est que le gouvernement a compris qu'il y a urgence », dit-elle.

Le nouveau ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, maintient que l'objectif de 25 000 réfugiés d'ici le 1er janvier est « ferme ».

Il prévient toutefois qu'il s'agit d'un défi pancanadien qui impliquera les provinces, les villes, les organismes non gouvernementaux et les organisations internationales.

Le gouvernement du Québec a déjà annoncé qu'il accueillera 3650 réfugiés syriens et irakiens cette année, tandis que plusieurs villes, dont Sherbrooke, ont commencé à recevoir des familles syriennes.

Pour l'heure il faut saluer l'empathie et la détermination du nouveau gouvernement devant une situation urgente, voire critique, alors que des milliers de réfugiés continuent d'affluer chaque semaine en Europe et que l'arrivée de l'hiver va accentuer les dangers pour ceux qui traversent la Méditerranée et ceux qui vivent dans des camps de fortune en Jordanie, au Liban et en Turquie.

Au cours des dernières décennies, le Canada a fait preuve de générosité et d'audace pour recevoir des réfugiés en période de crise.

En 1957 il avait accueilli 37 000 réfugiés hongrois, entre 1979 et 1981, des dizaines de milliers de réfugiés de la mer vietnamiens ont trouvé asile ici, tandis qu'en 1999 Ottawa a permis l'arrivée de 5500 Kosovars en cinq mois.

Il est donc techniquement possible d'ouvrir nos portes à 25 000 réfugiés syriens pourvu qu'Ottawa y consacre les ressources nécessaires.

On ne peut laisser aux seuls pays d'Europe la responsabilité de prendre en charge des centaines de milliers de migrants : plus de 700 000 personnes sont arrivées sur le continent cette année et l'Union européenne prévoit un afflux de trois millions supplémentaire d'ici la fin 2016.

La crise des migrants constitue un immense défi humanitaire.

Le Canada peut et doit le relever.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer