Une nomination audacieuse mais méritée

La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, a été... (Archives, La Tribune)

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La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, a été assermentée à titre de ministre du Développement international et de la Francophonie.

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) Certains signes avant-coureurs le laissaient présager, son nom circulait comme députée « ministrable », mais la nomination de Marie-Claude Bibeau au sein du cabinet Trudeau était loin d'être prévisible, avancent des politologues de la région.
La question est inévitable. La nouvelle ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a-t-elle profité d'une volonté paritaire répétée à maintes reprises par Justin Trudeau pour se frayer un chemin jusqu'à Rideau Hall mercredi matin?

« Mme Bibeau faisait partie de l'équipe économique libérale et d'un important comité de réflexion avant même son élection, ce n'est donc pas une très grande surprise, mais elle est chanceuse malgré tout, avance Antonin-Xavier Fournier, politologue au Cégep de Sherbrooke. Elle a sans doute été favorisée par le rapport de parité puisqu'il y a moins de femmes élues que d'hommes, ce qui n'enlève rien à ses compétences. Elle possède un curriculum vitae qui justifie sa nomination. »

« J'ai été un peu surpris compte tenu de son inexpérience », admet pour sa part le professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Emmanuel Choquette. « Il y a quelque chose d'audacieux dans cette nomination qui est en phase avec le message lancé par la formation de ce cabinet, poursuit-il. Pour ce qui est de l'aspect paritaire, je ne crois pas qu'on ferait un compromis sur les compétences ministérielles, mais plutôt qu'à compétences égales, on optera pour une femme. »

Apprentissage progressif

La députée néophyte se retrouve responsable d'un portefeuille ministériel avant même de s'être acclimatée à la réalité parlementaire. Une situation qui n'inquiète pas M. Fournier, qui y voit inversement un renouveau souhaitable. D'autant plus que Mme Bibeau prend la tête d'un ministère de moins grande envergure.

« On cherche à avoir un équilibre entre la fraîcheur et l'expérience au sein du cabinet. Il y aura de l'inexpérience chez Mme Bibeau, certes, mais aussi une forme d'idéalisme et de candeur qui ne la restreindra pas dans la lourdeur administrative et qui lui permettra de piloter certains dossiers autrement. En ce sens, c'est une inexpérience qui peut s'avérer positive », plaide-t-il.

« Mme Bibeau est dans une situation où elle aura la chance de prendre du galon à l'intérieur du cabinet », croit quant à lui M. Choquette.

Notons que le nouveau premier ministre a confié l'image du Canada à l'international à des députés du Québec, puisque c'est Stéphane Dion qui pilotera le ministère des Affaires étrangères.

« C'est intéressant de voir que ce sont des Québécois, qui sont reconnus pour avoir une vision plus progressiste, qui représenteront le Canada à l'étranger », note M. Fournier.

Pour ce qui est des répercussions positives possibles pour Sherbrooke et l'Estrie en général, ce dernier croit que la députée de Compton-Stanstead « aura une place privilégiée pour faire avancer des dossiers ». M. Choquette, lui, demeure prudent : « l'impact reste à être démontré », évoque-t-il.

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