Des partenaires à respecter

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Après les compressions budgétaires en santé et en éducation, les organismes communautaires écopent à leur tout des mesures d'austérité du gouvernement Couillard alors qu'ils assistent depuis quelques années à une augmentation importante de leur clientèle.

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / Après les compressions budgétaires en santé et en éducation, les organismes communautaires écopent à leur tout des mesures d'austérité du gouvernement Couillard alors qu'ils assistent depuis quelques années à une augmentation importante de leur clientèle. Une situation de plus en plus intenable.

Comment un gouvernement, qui a mis des mois à reconnaître que la rigueur budgétaire a un impact sur la population, peut-il réduire le financement d'organismes qui aident directement les citoyens dans des domaines aussi variés que la jeunesse, les cuisines collectives, l'emploi, l'itinérance, la santé mentale et la défense des droits sociaux?

Pourquoi ne les considère-t-il pas comme des partenaires de l'économie sociale?

Car le problème de ces organismes - on en compte plus de 130 en Estrie - est double : d'une part le milieu communautaire est touché directement par les compressions budgétaires décrétées par Québec et, d'autre part, les mesures d'austérité qui frappent les services publics pénalisent les plus démunis, qui se tournent vers le communautaire.

Lors d'une imposante manifestation, hier, des dizaines de représentants d'organismes de la région ont exprimé leur colère et leur désarroi devant une situation financière de plus en plus précaire, alors que le gouvernement Couillard tarde à leur donner l'heure juste quant à leur financement.

L'abolition des Conférences régionales des élus (CRE) et des Forums jeunesse, des guichets où pouvaient aller frapper les organismes communautaires pour obtenir du financement complémentaire, a plongé ceux-ci dans l'incertitude, sans compter ce qu'ils qualifient de sous-financement de la part du gouvernement.

Le Regroupement des organismes communautaires (ROC) de l'Estrie estime par exemple que les organismes en santé, service social et aide à la famille doivent composer avec un financement de 50 à 60 pour cent du ministère de la Santé et des Services sociaux et de la Famille pour remplir leur mission, alors qu'il devrait être de 80 pour cent.

Ces organismes voudraient bien aller chercher des fonds ailleurs, mais la disparition des CRE et des Forums jeunesse, tout comme les difficultés des organisations philanthropiques comme Centraide à recueillir davantage de dons, réduisent les sources de financement autonome.

La Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire de l'Estrie (TROVEPE) avait un protocole d'entente de trois ans, jusqu'en octobre 2014, avec le Secrétariat à l'action communautaire autonome.

Mais celui-ci a été renouvellé que pour une période de 18 mois qui prend fin le 1er avril prochain, sans qu'elle sache à quel financement elle aura droit après cette date.

Faut-il rappeler que le salaire moyen dans les organismes communautaires voués à la famille n'est que de 21 000 $ par année et de 28 000 $ par année dans le domaine des services sociaux?

La TROVEPE, quant à elle, reçoit un financement annuel de 45 000 $, ce qui sert à payer un salaire, le loyer, le téléphone, internet et les activités... On ne roule pas sur l'or.

Les organismes communautaires affirment fonctionner avec le minimum de ressources et consacrer beaucoup de temps à la recherche de financement, parfois au détriment de leur mission, ce qui est un non-sens.

Ils sont bien implantés dans leur milieu et respectés, en plus de compter des centaines de travailleurs qui contribuent à l'économie sociale.

Alors que les organismes communautaires sont dans l'incertitude et craignent pour leur mission, le gouvernement Couillard a le devoir de les considérer comme de véritables partenaires.

Il doit leur garantir le soutien financier nécessaire pour leur permettre de faire un travail essentiel.

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