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Nouvelle taxe d'hébergement: l'autre côté de la médaille

«S'il n'y avait pas eu AirBnB, nous ne serions jamais venus.» Voilà ce que j'ai... (123RF)

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«S'il n'y avait pas eu AirBnB, nous ne serions jamais venus.» Voilà ce que j'ai entendu à trois reprises l'été dernier par des familles françaises qui s'étaient mises ensemble afin de louer mon jumelé pour leurs vacances.

Parce que vivre 21 jours en hôtel avec des enfants, c'est désagréable et ça coûte cher. À quoi bon venir au Québec si c'est pour mettre la majorité du budget pour dormir?

Or je peux vous garantir que tout l'argent économisé pour leur hébergement fut réinvesti en parcs d'attractions, en musées, en restaurants et en épicerie. Et soudainement, le MAXI et la SAQ du coin profitent aussi du passage des touristes dans notre région.

Le gouvernement n'a pas perdu d'argent avec les Européens qui sont venus chez moi l'été dernier : des taxes, ils en ont payé plus que moi dans toute l'année! Et, «sans moi», sans cette nouvelle forme de voyage, ils ne seraient pas venus.

À part pour l'industrie touristique qui veut inclure le plus de monde possible dans ses statistiques, un touriste n'est pas «une personne qui fait un voyage d'au moins une nuit et d'au plus un an». Un touriste voyage 2 jours, ou alors 2-3 semaines pendant ses grandes vacances. Mais pas 365, sauf quelques globe-trotteurs.

Parce qu'il y a une grande différence entre le professeur qui vient à Sherbrooke en stage de recherche avec sa famille pour 6 mois et le représentant qui vient pour un congrès de 3 jours, il faut absolument ajuster la définition de location touristique.

Il n'y a évidemment aucun problème à être réglementé pour la location touristique, si cela vise des déplacements par exemple de 21 jours et moins; à collecter la taxe sur l'hébergement pour qu'elle soit réinvestie dans la promotion de notre région, si cela vise les vrais touristes. Mais comme il n'y avait aucun locateur AirBnB autour de la table de préparation du projet de loi 67, on y retrouve un seul côté de la médaille.

Il y a beaucoup de diversité parmi les locateurs et, surtout, il n'y a pas que des profiteurs et des fraudeurs. Personnellement, des sites comme AirBnB me permettent tout autant de recruter des étudiants étrangers qui viennent pour une ou deux sessions que de combler ce qui était la période creuse estivale en recevant des familles qui ne seraient pas venues autrement. Et tous mes revenus sont déclarés via mes impôts. Alors : suis-je illégal? Est-ce que je mérite 25 000 $ d'amende par jour?

Rémy Perras

Sherbrooke

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