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La Presse, Martin Tremblay

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Éditorial / On le disait trop jeune, inexpérimenté et sans contenu, mais Justin Trudeau aura profité de la plus longue campagne électorale de l'histoire moderne du Canada pour démontrer de façon stupéfiante sa capacité à incarner le changement et à convaincre les Canadiens qu'il offrait une véritable alternative aux conservateurs de Stephen Harper, en poste depuis 10 ans.

En faisant élire un gouvernement libéral majoritaire, M. Trudeau est aussi parvenu à ramener le Parti libéral du Canada (PLC) à la vie après 10 années de purgatoire et après l'amère défaite de 2011 alors que le parti dirigé par Michael Ignatieff n'avait récolté que 34 sièges.

Dès le dévoilement des résultats dans les provinces atlantiques, en milieu de soirée hier, les troupes libérales ont donné un avant-goût de l'issue du scrutin en raflant une trentaine de sièges dans cette région, un balayage historique.

Avec une quarantaine de sièges seulement, la dégringolade du NPD, qui avait fait élire 103 députés lors des élections de 2011, dont 59 au Québec, constitue également un fait marquant de cette campagne électorale. Tout comme la démission du chef conservateur, dont le parti n'a récolté qu'un peu plus d'une centaine de sièges.

Thomas Mulcair, qui bénéficiait en début de campagne d'un immense capital de sympathie et qui a été un chef de l'opposition exceptionnel au cours des quatre dernières années, n'a pu se défaire de la controverse sur le niqab créé de toute pièce par les conservateurs, spécialistes des politiques de division, ce qui a coûté à son parti de nombreux sièges, particulièrement au Québec.

Devant le recul du NPD, de nombreux Canadiens désireux de se débarrasser des conservateurs ont vu le salut dans le PLC de Justin Trudeau. Un vote stratégique.

Habilement, le chef libéral est parvenu à doubler le NPD sur sa gauche avec ses propositions pour investir dans les infrastructures, les transports collectifs et le logement abordable, quitte à reporter l'équilibre budgétaire, et augmenter les impôts des mieux nantis pour réduire ceux de la classe moyenne.

Le nouveau premier ministre devra toutefois établir clairement ses objectifs dans la lutte aux émissions de gaz à effet de serre, à quelques semaines de la Conférence de Paris sur le climat.

Il était plus que temps que les Canadiens mettent fin à un régime conservateur dépassé et réactionnaire, qui a attaqué les droits sociaux, muselé les scientifiques, adopté une politique étrangère obtuse et néfaste, méprisé les droits des autochtones, en plus d'afficher un bilan environnemental affligeant.

Cette élection aura également transformé le paysage politique de l'Estrie et du Centre-du-Québec, qui sont passés de l'orange à un panorama tricolore.

Le maire de Victoriaville et candidat conservateur, Alain Rayes, a été élu sans grande surprise dans la circonscription de Richmond-Arthabaska, qui était représentée par l'ex-bloquiste André Bellavance, tandis que l'ex-maire de Thetford Mines, Luc Berthold, a été élu sous la bannière conservatrice dans Mégantic-L'Érable, succédant au conservateur Chistian Paradis, qui avait choisi de quitter la politique.

Autre changement: dans Compton-Stanstead la libérale Marie-Claude Bibeau a défait le député néo-démocrate sortant Jean Rousseau.

Un retour également : le libéral Denis Paradis, qui avait représenté Brome-Missisquoi pendant une dizaine d'années, a été élu de nouveau, enlevant cette circonscription aux néo-démocrates.

Dans Sherbrooke, le néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault a été réélu, tout comme son collègue François Choquette dans la circonscription de Drummond.

Les Québécois, qui ont donné un appui massif aux libéraux de Justin Trudeau, attendent toutefois des positions précises de sa part au sujet du projet d'oléoduc Énergie Est, fortement contesté par les groupes environnementaux et de nombreux maires, de même que sur les respects des compétences du Québec.

En Estrie, plusieurs dossiers attendent les élus, notamment celui de la relance de l'aéroport de Sherbrooke, l'impact du Partenariat transpacifique chez les producteurs laitiers et la formation de la main-d'oeuvre.

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