L'heure de vérité

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Pierre-Yvon Bégin
La Tribune

(Sherbrooke) Éditorial - Après la plus longue campagne électorale de l'histoire moderne au Canada, les Canadiens sont conviés aux urnes lundi. L'heure de vérité a sonné pour les différentes formations politiques après une lutte sans merci de 78 jours. Le vote par anticipation a permis à 3,6 millions d'électeurs d'exprimer leur choix au cours de la fin de semaine de l'Action de grâce. Malgré l'ajout d'une journée, il s'agit d'une hausse spectaculaire de plus de 70 % par rapport au scrutin précédent en 2011. Doit-on voir un fort désir de changement dans cet empressement?

Nous connaîtrons la réponse ce soir. Dans Sherbrooke, 13 040 électeurs ont voté par anticipation, soit 12 % des 107 998 personnes ayant droit de vote. Directeur du scrutin, Richard Dion disait n'avoir jamais vu pareil engouement.

Les observateurs avertis de la scène politique estiment que les gouvernements ne sont jamais élus. Ils sont plutôt défaits. Dans le présent cas, le fort taux de participation lors du vote par anticipation laisse entrevoir une grande motivation des électeurs à se prononcer. Si la tendance se maintient, un nombre record d'entre eux pourraient déposer leur vote dans l'urne aujourd'hui.

Le gouvernement de Stephen Harper se verra-t-il montrer la porte? Les plus récents sondages confirment la remontée de Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada, de Gilles Duceppe du Bloc québécois et la lente descente des néodémocrates de Thomas Mulcair.  

Le vote par anticipation a aussi été l'occasion pour certains électeurs de voter le visage couvert d'un masque ou d'un sac de papier. En signe de dérision, ceux-ci voulaient possiblement exprimer leur désapprobation d'un jugement ayant confirmé le droit fondamental de recevoir la citoyenneté canadienne en prêtant serment avec un niqab.

Ce débat autour du niqab a manifestement détourné l'attention des véritables enjeux durant cette campagne électorale, à commencer par la situation générale des femmes. Plusieurs analystes attribuent d'ailleurs au niqab la baisse de popularité du chef néodémocrate. Députée de Gouin à Québec et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David a même cru bon de rappeler les politiciens fédéraux à l'ordre en invitant tout le monde à « respirer par le nez ».

Au Canada, les femmes n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1918. Au Québec, il a pourtant fallu attendre 1940 après une lutte épique des suffragettes.

On a bien compris l'aversion pour le niqab. Il est inutile d'en rajouter en portant un sac de papier sur la tête. Rares sont les peuples dans le monde pouvant choisir librement leurs représentants. Au Québec et au Canada, le droit de vote constitue un acquis que l'on a justement tort de tenir pour acquis. Le gouvernement Couillard n'invoque-t-il pas un faible taux de participation pour justifier la fin des élections de commissaires scolaires?

Malgré certaines désillusions envers notre système électoral, il importe pour tout citoyen d'exprimer son choix en ce jour d'élections. C'est l'unique façon de conserver le droit d'avoir son mot à dire, ne serait-ce que pour réclamer des modifications à notre mode de représentation.

Pierre-Yvon Bégin

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