Une fausse solution

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

Éditorial / La décision de la Société de transport de Sherbrooke (STS) de supprimer le service d'autobus régulier sur le campus de l'Université de Sherbrooke le jeudi soir, pour une période d'un mois, en raison du comportement perturbateur de certains étudiants, est une fausse solution qui pénalisera la majorité des usagers.

Le maintien des navettes entre le campus et le centre-ville, instaurées l'an dernier pour transporter les étudiants trop fêtards, constitue certes un moindre mal.

Mais la STS prive néanmoins les autres étudiants usagers du transport en commun du service auquel ils ont droit et pour lequel ils contribuent par le biais de leurs frais de scolarité, de surcroît à la veille de l'hiver.

Cette décision survient à la suite d'un incident à bord d'un autobus du service régulier, il y a une semaine, où une chauffeuse excédée par les cris et les chants festifs d'un groupe d'étudiants a immobilisé son véhicule et fait descendre tout le monde.

Le service de navette du jeudi soir avait été interrompu la semaine dernière en raison du faible achalandage sur le campus dû à la période d'examens.

D'autres incidents fâcheux se sont produits au cours des derniers mois dans les autobus et on peut comprendre l'impatience des chauffeurs et de la STS.

Son président, Bruno Vachon, a raison lorsqu'il dit que les chauffeurs d'autobus n'ont pas à subir le chahut d'étudiants « sur le party » et que ce genre de situation peut présenter un risque pour la sécurité des passagers.

Mais l'idée de suspendre le service régulier, à la demande des chauffeurs, ne vise pas la bonne cible. Elle risque d'encourager les étudiants à recourir à l'automobile individuelle pour se rendre sur un campus déjà congestionné.

Elle est injustifiable à une époque où les villes veulent développer le transport durable et réduire l'utilisation de la voiture individuelle. D'autant plus que les changements dans les habitudes de vie et les façons de se déplacer doivent viser particulièrement la nouvelle génération.

Ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui vont changer la société de demain!

Évidemment, ces considérations ne règlent en rien le problème des étudiants qui troublent la paix et la sécurité à bord des autobus du service régulier.

La STS, tout comme le comité citoyens-étudiants, tente de trouver une solution depuis plusieurs années, avec un succès mitigé jusqu'ici. Mais elle ne peut « pelleter » le problème en avant ni le laisser entre les mains des associations étudiantes ou de la direction de l'Université de Sherbrooke.

Lorsque M. Vachon se justifie en disant que « c'est fini les problèmes avec les chauffeurs » et qu'il est prêt, au cours du prochain mois, à entendre les solutions de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS), si elle en a, il donne l'impression d'être dépassé par les événements et d'abdiquer.

Quant à sa suggestion selon laquelle les étudiants qui veulent utiliser le service régulier le jeudi soir n'ont qu'à marcher jusqu'à la rue Galt Ouest, où les correspondances se feront désormais, ne risque-t-elle pas d'occasionner des attroupements en bordure de cette rue très passante, comme le craint la FEUS?

Le problème des étudiants fêtards dans les autobus est difficile à régler, mais n'est pas insoluble.

Il interpelle certes la FEUS et l'Université de Sherbrooke au premier chef. Mais la STS a la responsabilité d'offrir le service de transport en commun; elle doit rétablir le dialogue avec toutes les parties afin de trouver une solution durable.

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